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Vers une protection moins stricte du loup par l’Union Européenne ?

La Commission européenne envisage de modifier le statut de protection du loup.

Dans un communiqué publié hier, la présidente Ursula Von der Leyen déclare que « la concentration de meutes de loups dans certaines régions d’Europe est devenue un véritable danger pour le bétail et, potentiellement, pour l’homme », et appelle les autorités locales « à prendre les mesures qui s’imposent ».

C’est dans ce contexte que la Commission européenne annonce inviter « les communautés locales, les scientifiques et toutes les parties intéressées à soumettre, d’ici au 22 septembre 2023, des données actualisées sur les populations de loups et leurs impact » via une adresse mail dédiée (EC-WOLF-DATA-COLLECTION@ec.europa.eu). Ces données serviront à décider ou non d’une modification du « statut de protection du loup au sein de l’UE et à mettre à jour le cadre juridique, afin d’introduire, lorsque c’est nécessaire, davantage de flexibilité ». La Commission explique avoir commencé à recueillir des données à ce sujet depuis avril 2023 et qu’elle « élargit aujourd’hui cette consultation ».

Dans l’Union Européenne, le loup fait partie des espèces « strictement protégées » par la convention de Berne de 1979, tout en faisant l’objet de dérogations, comme en France où un nombre d’individus pouvant être tués est fixé chaque année.

Si elle affirme être consciente « que le retour du loup dans les régions […] où il a été absent pendant une longue période peut entraîner des conflits avec les […] agriculteurs », la Commission rappelle aussi que canis lupus « fait partie intégrante du patrimoine naturel de l’Europe et joue un rôle important dans ses écosystèmes ».

Un communiqué qui fait réagir.

Du côté des partisans d’une baisse de la protection du loup d’une part, parmi lesquels le président du département des Hautes-Alpes. « Les propos tenus par la Présidente de la Commission européenne […] me donnent aujourd’hui une lueur d’espoir », déclare Jean-Marie Bernard dans un texte envoyé à la presse aujourd’hui. L’élu estime que « seule une révision du statut de protection du loup permettra de redonner espoir aux éleveurs et de faciliter leur travail ».

Concernant les défenseurs de l’environnement, One Voice, qui se mobilise pour les droits des animaux, écrit sur sa page Facebook qu’« Ursula von der Leyen […] déclare la guerre aux loups en Europe ». « Les lobbies agricole et de la chasse ont « bien » travaillé », conclut l’association.