Serre-Ponçon : des élèves s'essayent aux modes doux de déplacement le temps d'un challenge... et peut-être plus
Du 1er au 5 juin, 630 élèves de la Communauté de communes de Serre-Ponçon concouraient à un challenge mobilité. En quelques jours, l’utilisation de la voiture a été plus que divisée par deux dans certains établissements.
Vélo, marche, trotinette, skate et même pédibus et vélobus, les alternatives à la voiture sont nombreuses. Pourtant, selon l’ADEME, 40 % des trajets quotidiens effectués en voiture font moins de trois kilomètres. En mettant en compétition les écoles les unes avec les autres, la Communauté de communes a joué sur l‘esprit d’équipe pour tenter d’inciter les élèves et leurs parents à expérimenter d’autres modes de déplacement le temps d’une semaine, voire de changer durablement les habitudes.
« C'est une façon d'aborder le début de la journée d'une façon différente »
La semaine entière était placée sous le signe de la mobilité. La médiathèque d’Embrun a mis à disposition des écoles un catalogue de livres thématiques, l’association Mobil’idées a formé les élèves à la lecture de carte, au démontage de vélo, ou encore au repérage de trajet pour les adapter aux modes de déplacements alternatifs. Un spectacle commandé à la compagnie Octopus est venu clôturer le challenge avec des représentations tout au long du mois de juin.
Pour la présidente de la Communauté de communes Chantal Eymeoud, au-delà des bénéfices en termes d'émissions de gaz à effet de serre ou de santé publique, l'enjeu est aussi de fluidifier la circulation aux abords des écoles.
« Il y a un vrai sujet de sécurité et d'amélioration des entrées et sorties d'écoles qui peut-être en partie résolu par les modes alternatifs de déplacement. C'est une façon aussi d'aborder la journée d'une façon différente. On ne rentre pas "vite, vite dans la voiture" pour déposer les enfants, qui foncent droit dans l'école sans avoir le temps de dire "ouf" ».
Chantal Eymeoud, présidente de la Communauté de communes de Serre-Ponçon

Des résultats significatifs pour réduire l'usage de la voiture
Chaque jour, les classes concernées ont fait les comptes. Le prix de la plus grande progression est revenu à l’école de Baratier Saint-Sauveur, dont la part de déplacements « doux » est passée de 33 à 69%. L’école de Châteauroux-Les-Alpes - déjà bonne élève avant le challenge - a atteint les 86%, ce qui lui a également valu un prix. Des résultats à mettre en regard avec l’aménagement de chaque commune et l’éloignement des élèves par rapport aux écoles. En nombre d’animations proposées, l’école de Réallon Saint-Apollinaire arrive en tête, tandis que Savines-Le-Lac a remporté le coup de cœur du jury pour son adaptation du poème « Paris à vélo » de Jacques Charpentreau en « Savines-le-Lac à vélo ».
Au total, 630 élèves ont participé au challenge, touchant « par ricochet, les familles, en plus des enseignants », souligne la Communauté de communes de Serre-Ponçon. « L’organisation de pedibus/vélobus par l’APE de Châteauroux-les-Alpes, le school mapping de Baratier suivi d’une application sur le terrain en balade dans le village, la sortie scolaire à pied ou à vélo plutôt qu’en bus pour Cézanne et Réallon, et l’adaptation d’un poème « Paris à vélo » de Jacques Charpentreau en « Savines-le-Lac à vélo » sont des actions qui nous ont toutes marqué par leur justesse et leur diversité. », observe la collectivité, qui souligne que toute la difficulté reste de faire perdurer ces habitudes. Les résultats d’un précédent challenge adressé aux entreprises sont encourageants : « 42 % des effectifs dans les entreprises participantes avaient testé un nouveau mode de déplacement, 13 % continuent régulièrement et 76 % occasionnellement », indique Chantal Eymeoud.
