Une contribution chrétienne à l’écologie : quelles responsabilités pour les Églises ?
Dans la vie Publique, ram05 interroge le rôle des religions chrétiennes face à la crise écologique avec Christophe Jacon, pasteur de l’Église protestante unie de France et membre de la commission éthique de la Fédération protestante de France, et Marie-Christine Fagot, responsable du service diocésain de la « sauvegarde de la maison commune ».
Une réflexion théologique et éthique
La discussion s’appuie sur les travaux de Martin Kopp, théologien protestant engagé dans les négociations climatiques internationales. Pour Christophe Jacon, l’enjeu est clair : « Chaque société est façonnée par la religion qui la porte ». Il revient notamment sur la critique formulée dès 1966 par l’historien Lynn White, qui dénonçait une lecture anthropocentrée de la Genèse justifiant la domination de la nature. Une analyse jugée toujours actuelle face à un « capitalisme prédateur ».
De la doctrine aux pratiques concrètes
Au-delà des textes, les invités insistent sur la mise en œuvre locale. Le label Église verte encourage les communautés à engager une transition écologique progressive : rénovation énergétique des bâtiments, choix alimentaires, gestion des déchets ou encore mobilité. « Nos églises ont les mêmes problèmes que les citoyens », souligne Christophe Jacob, évoquant des « passoires thermiques » et des arbitrages financiers difficiles.
Transmettre sans culpabiliser
Marie-Christine Fagot insiste sur la dimension éducative, du catéchisme aux événements grand public. Elle revendique un discours fondé sur la responsabilité partagée et l’espérance : « Nous sommes tous pécheurs sur le plan écologique, et c’est libérateur ». Pour elle, « la peur n’est pas mobilisatrice », seul un message porteur de sens et de dialogue peut embarquer largement.