« On sera les seuls à remettre un titre de hockey intergalactique » : à Gap, un projet scolaire mêle art, handisport et science-fiction

Jeudi 12 mars des élèves du collège Centre, du lycée Paul Héraud et de l’Institut Médico-éducatif (IME) Saint-Jean à Gap se rendent à Grenoble pour une journée de découverte du hockey sur glace. Dans le projet « Art et sport : en route vers 2030 », ces établissements s’appuient sur l’art et l’imaginaire pour pousser « très loin » la mixité et l’inclusion dans le sport.

Lorsque le musée de Gap le sollicite en 2016 pour monter une exposition sur le football à l’occasion de l’Euro, Christian Baquet refuse de travailler uniquement sur le foot et intitule le projet « briser la glace entre l’art et le sport ». Ce professeur d’art plastique au collège Centre et coordinateur de la classe sport-étude de hockey estime que « souvent, les gens ne connaissent pas les interactions entre ces deux milieux ». Pourtant, rappelle-t-il, « à l’origine des jeux olympiques modernes il y avait aussi des médailles d’or, d’argent et de bronze pour les artistes. Cela s’est arrêté en 1928 car avec l’art contemporain tout le monde s’y perdait un peu. On a abandonné ces épreuves artistico-sportives car on ne savait plus trop si l’on valorisait des artistes dominants, car au sport on récompense les meilleurs. »

Le hockey intergalactique, entre science-fiction et inclusion

Depuis 2016, Christian Baquet monte des projets qui croisent l’art et le sport. Une de ses dernières inventions, le hockey intergalactique, inspiré de la bande-dessinée « La foire aux immortels » d’Enki Bilal. « Je trouvais que le para-hockey se prêtait bien à la luge, au vaisseau spatial, au niveau de l’imaginaire et de l’image que l’on peut donner du handicap, pour le valoriser d’une manière un peu excessive ou projective », explique le professeur d’art plastique. Dans la même veine, ses élèves ont créé eux-mêmes les maillots et les trois trophées intergalactiques remis à l’issue des épreuves : les trophées des Barjots, des Costauds et des Experts, avec des critères d’attribution fixés par les élèves.

Outre sa dimension poétique, la force de la discipline est aussi « que l’on peut aller chercher une mixité très très loin ». La prise en main d’un fauteuil est rapide, si bien qu’en quelques minutes les élèves sont déjà capables de jouer des matchs. « Les différences de force, de taille, etc. sont complètement gommées par le fait d’être assis. On peut mélanger garçons et filles, porteurs de handicap, très vite les élèves ne s’en rendent même plus compte. »

Une rencontre avec les Brûleurs de loups de Grenoble

Lors d’un premier « Sommet du sport » mardi 3 mars 2026 à Superdévoluy, les élèves se sont essayés au hand-fauteuil et au beach-hand. Jeudi 12 mars, un peu plus de quarante élèves du collèges Centre, du lycée Paul Héraud, de l’IME et cinq germanophones se déplaceront à Grenoble pour découvrir et pratiquer le para-hockey. « C’est une grand journée autour du hockey sur glace », se réjouit Christian Baquet. Le matin les jeunes rencontrent l’équipe professionnelle des Brûleurs de loups de Grenoble pour découvrir les coulisses du club, de la patinoire, et échanger avec les joueurs. « Et l’après-midi on aura une heure de glace. Tout le challenge cela va être dans l’heure de pouvoir très vite pouvoir progresser sur une luge et jouer des matchs ».