Municipales 2026 : les maths du scrutin
Comptabilisation des votes et répartition des sièges au conseil municipal : ram05 fait le point sur le fonctionnement chiffré de ces deux éléments décisifs des élections municipales.
Des inscrits jusqu’aux suffrages exprimés : les étapes du décompte des votes
Depuis le nombre d’inscrits sur les listes jusqu’aux suffrages exprimés finalement pris en compte, voici les étapes du décompte des votes.
- A = les inscrits : c’est le nombre de personnes effectivement inscrites sur les listes électorales et qui ont donc le droit de voter le jour du scrutin.
Pour notre exemple, A = 100 - B = les abstentions : c’est le nombre de personnes inscrites sur les listes électorales qui ne votent pas le jour du scrutin, ni en présentiel, ni par procuration.
Pour notre exemple, B = 25
Le taux d’abstention, exprimé en pourcentage, c’est (B / A) x 100.
Pour notre exemple, le taux d’abstention est de 25 % - C = les votants : c’est le nombre de personnes qui votent, en présentiel ou par procuration ; c’est donc le nombre de bulletins comptabilisés dans les urnes. C = A – B
Pour notre exemple, le nombre de votants est de : 100 – 25 = 75 - D = les votes blancs : voter blanc consiste à déposer dans l’urne une enveloppe vide ou contenant un bulletin vierge. Depuis la loi du 21 février 2014, les votes blancs sont décomptés et mentionnés dans les résultats des scrutins. Cependant, ils n’entrent pas en compte pour la détermination des suffrages exprimés. Le nombre de votes blancs n’influe donc par sur le résultat final de l’élection.
Pour notre exemple, le nombre de votes blancs est de 5 - E = les votes nuls : il y a vote nul quand une enveloppe contient un bulletin déchiré, un bulletin annoté (attention à la fin du panachage dans les petites communes) ou bien plusieurs bulletins différents. Les votes nuls n’entrent pas en compte pour la détermination des suffrages exprimés.
Pour notre exemple, le nombre de votes nuls est de 3 - F = les suffrages exprimés : c’est le nombre de votants moins les bulletins blancs et nuls. F = C – D – E
Pour notre exemple, le nombre de suffrages exprimés est de : 75 – 5 – 3 = 67
C’est le nombre de suffrages exprimés qui détermine la répartition des sièges au conseil municipal
Un scrutin proportionnel avec prime majoritaire
Jusqu’à la loi du 19 novembre 1982, les élections municipales reposaient sur un scrutin majoritaire intégral : la liste arrivée en tête (majorité absolue au premier tour, relative au second tour) remportait tous les sièges du conseil municipal, ne laissant aucune place aux minorités locales.
Depuis cette loi, les élections municipales sont un scrutin proportionnel à deux tours avec prime majoritaire :
- au premier tour, si une liste obtient la majorité absolue des suffrages exprimés, la moitié des sièges lui est attribuée. L’autre moitié des sièges est proportionnellement répartie entre toutes les listes ayant obtenu plus de 5 % des suffrages exprimés, y compris la liste arrivée en tête
- un second tour est organisé si aucune liste n’obtient la majorité absolue au premier tour. Seules les listes ayant obtenu au moins 10% des suffrages exprimés au premier tour peuvent se maintenir, celles ayant obtenu au moins 5 % peuvent fusionner avec d’autres listes. La répartition des sièges du conseil municipal se fait ensuite comme au premier tour.
Les calculs de répartition des sièges sont très précis et encadrés. Pour aller plus loin vous trouverez quelques exemples concrets et chiffrés ici et ici, pages 11 à 15.