Le bâtiment des Terrasses solidaires / Photo : ram05

Briançon : l’association Terrasses solidaires dissoute, Refuges solidaires prend le relais pour la gestion du lieu

L’association Terrasses Solidaires a été dissoute en novembre 2025. En plus de sa mission d’hébergement d’urgence qu’elle continue à remplir à Briançon, Refuges solidaires prend désormais en charge la gestion du bâtiment et la coordination avec les autres associations résidentes.

En 2021 naissait à Briançon l’association Terrasses solidaires, destinée à gérer le bâtiment baptisé du même nom, route de Grenoble. Depuis, les associations Refuges solidaires et ses 81 places d’hébergement d’urgence, Tous migrants, Médecins du monde, EKO! et Infoline France s’y sont installées.

« L’idée était de faire un tiers-lieu solidaire dont la mission principale était l’accueil des personnes exilées », rappelle Anouk Petit Grisoni, membre du conseil d’administration de Refuges solidaires. Et ce « dans un contexte où le nouveau maire élu à l’époque, Arnaud Murgia, avait mis fin à la convention de mise à disposition du lieu qui abritait Refuges solidaires. Donc l’association Terrasses solidaires avait été créée pour coordonner les acteurs et ouvrir le lieu à des acteurs supplémentaires. »

Mais quatre ans plus tard, face à un contexte défavorable, les bénévoles se sont résolus à voter la dissolution de l’association. Celle-ci a été prononcée en assemblée générale extraordinaire, le 14 novembre 2025, relate Anouk Petit Grisoni.

« Les Terrasses solidaires n’arrivaient plus à assumer leur mission principale »

En cause notamment, le besoin de plus en plus prégnant d’hébergement d’urgence dans le Briançonnais, explique la bénévole : « le contexte en quatre ans a largement évolué, avec une hostilité politique croissante sur l’accueil des personnes exilées et l’augmentation du besoin d’accueil, et donc la place prépondérante qu’a pris cette activité d’accueil dans le bâtiment ». C’est donc « en lien avec toute l’inter-asso présente dans le lieu et avec les propriétaires du bâtiment », qu’a été décidé « collectivement » de dissoudre l’association.

« Nous avons considéré qu’on n’allait pas réussir, dans le contexte actuel, à développer ce tiers-lieu, en tout cas pas dans ce bâtiment précis, et que les Terrasses solidaires n’arrivaient plus à assumer leur mission principale », résume Anouk Petit Grisoni.

S’ajoutent à cela des problèmes financiers rencontrés en 2025. Terrasses Solidaires était en effet financée en grande partie par les associations résidentes proportionnellement à l’espace qu’elles occupaient. Or, « Refuges solidaires prenait 95 % de l’espace », précise la bénévole. Ses « grosses difficultés financières ont eu des répercussions immenses sur les Terrasses qui ont dû licencier à leur tour leurs deux seuls salariés. » D’où « un problème de ressources humaines assez important. »

« Le lieu ne change pas d’identité »

Aujourd’hui, la transmission de la gestion administrative des lieux à Refuges Solidaires est en cours. Notamment, c’est cette structure qui est destinée à être la nouvelle locataire des lieux pour ensuite conclure avec les autres associations résidentes des conventions de mise à disposition. Celles-ci doivent d’ailleurs devenir gratuites.

Si Terrasses solidaires n’existe plus, le bâtiment poursuit donc ses activités, tient à préciser Anouk Petit Grisoni. « Le lieu ne change pas d’identité, sa raison d’être ne risque pas d’évoluer. L’idée est de toujours avoir un lieu d’accueil qui rassemble différentes associations. » Il s’agit de « juste simplifier la gestion de l’établissement recevant du public et de toutes les normes que cela suppose de remplir correctement. »

Bref, dans les faits, « cela ne change vraiment rien, chez les bénévoles qui passent et les personnes accueillies, je pense que personne ne verra la différence. La seule différence sera pour les équipes qui font partie de la gouvernance, il y a un allègement de cette situation administrative », conclut la bénévole.