Philippe Bailbé, préfet des Hautes-Alpes / Photo : préfecture des Hautes-Alpes

Le préfet des Hautes-Alpes reproche à Tous Migrants des propos « à visée militante et polémique » et saisit la justice

Dans le Dauphiné Libéré, l’association Tous Migrants a dénoncé une « hostilité grandissante de pouvoirs publics réactionnaires et racistes ». Des affirmations « inacceptables » pour la préfecture, qui a déclaré les avoir signalées au parquet de Gap.

Le préfet des Hautes-Alpes a annoncé mardi 10 février avoir « saisi Mme la procureure de la République, en application de l’article 40 du Code de procédure pénale », vis-à-vis de propos tenus dans l’édition du 7 février du Dauphiné Libéré par un membre de l’association Tous Migrants.

L’article en question relate le succès des cagnottes ouvertes par Tous Migrants et Refuges solidaires, qui soutiennent les personnes exilées franchissant la frontière franco-italienne dans le Briançonnais. Léo Martinet y déclare : « face à l’hostilité grandissante de pouvoirs publics réactionnaires et racistes, notre appel aux dons lancé conjointement a cartonné. »

La préfecture reproche à la première partie de la phrase d’avoir une « visée militante et polémique ». Ces propos n’ont donc, selon elle, « pas leur place dans l’espace public ».

« Ces déclarations inacceptables, qui mettent en cause l’action des pouvoirs publics, appellent un signalement à l’autorité judiciaire afin qu’elle puisse en apprécier la portée et, le cas échéant, les suites à donner », poursuit Philippe Bailbé.

« La liberté d’expression protège les paroles militantes », rétorque la CGT 05

Sollicitée par ram05, l’association Tous Migrants déclare qu’elle « ne souhaite pas réagir dès maintenant ».

Mercredi 11 février, l’union départementale CGT des Hautes-Alpes a exprimé « sa vive inquiétude » face à ce signalement à la suite de propos qui, pour elle, relèvent « du débat public sur la politique migratoire ».

« La liberté d’expression est un principe constitutionnel. Elle protège aussi les paroles critiques et militantes, notamment lorsqu’elles concernent l’action de l’État », estime le syndicat, qui ajoute : « nous appelons clairement à l’abandon de ce signalement, afin de préserver un cadre démocratique apaisé où la parole critique reste une richesse et non un motif de poursuite ».