Un chevreau à la Ferme des Moulins, à Arvieux / Photo : page Facebook de la Ferme des Moulins

Avec son Salon à la ferme, la Confédération paysanne 05 invite le public à découvrir l’agriculture sur le terrain

La Confédération paysanne organise de nouveau cette année son habituel Salon à la ferme, en parallèle du Salon de l’agriculture. Les rencontres sur le terrain mettent notamment en avant le projet de sécurité sociale de l’alimentation, sans oublier les visites de fermes plus traditionnelles.

Alors que le Salon de l’agriculture bat son plein à Paris, la Confédération paysanne organise en parallèle son traditionnel Salon à la ferme. Le principe : inviter le public à rencontrer des agriculteurs sur leur lieu de travail.

En effet, pour le syndicat, si la grand-messe parisienne a l’intérêt de « mettre à l’honneur l’agriculture » et de créer « une fenêtre médiatique », « c’est peut-être un événement qui est un peu élitiste », estime Célina Caruana, éleveuse et maraîchère à Puy Sanières et co-porte-parole de la branche haut-alpine du syndicat. Tout le monde ne peut pas « se permettre de se libérer pour aller là-bas », souligne l’agricultrice : « pour certains, c’est évidemment un peu rentable, mais pas pour tout le monde. »

D’où l’organisation du Salon à la ferme, « pour avoir une vitrine locale, pour dire que l’agriculture qui ne se déplace pas au Salon de l’agriculture à Paris est aussi intéressante, importante et pertinente. » L’évènement « permet d’avoir un espace d’échange, à la fois avec le grand public pour parler de notre métier et aussi entre professionnels », explique la syndicaliste.

Mieux faire comprendre le métier d’agriculteur

Pour la Confédération paysanne, les agriculteurs sont « au nœud d’interactions sociales très importantes », d’où le besoin de susciter ces rencontres. « Il y a de moins en moins de paysans et de paysannes, donc on cherche déjà à susciter des vocations parce que c’est un un beau métier », déclare Célina Caruana. « Il y a beaucoup de contraintes, mais c’est aussi un métier qui a du sens et ça c’est chouette. »

Mais les discussions ont aussi pour objectif « que les gens comprennent toutes nos contraintes, toutes les injonctions contradictoires qu’on subit », espère l’agricultrice. « Nous, on aimerait bien produire le mieux possible, mais parfois on a des contraintes économiques, on veut qu’on produise beaucoup, mais en même temps il faudrait que ça réponde à des normes écologiques, et en même temps il faut que ce soit pas cher… Enfin, c’est impossible de tout concilier. Rencontrer des gens, c’est aussi leur faire comprendre tout ça et que, dans l’ensemble, on essaie de travailler pour le mieux. »

La sécurité sociale de l’alimentation, un projet « qu’il faut défendre »

Dans les Hautes-Alpes, le Salon à la ferme a débuté le 21 février et se conclura le 8 mars. L’une des thématiques principales cette année est la sécurité sociale de l’alimentation, au programme d’un ciné-rencontre à Trescleoux vendredi soir. « Le concept, c’est d’avoir une carte, comme une carte vitale, mais pour se nourrir. Des collectifs de l’alimentation se réuniraient pour conventionner des producteurs et des distributeurs, chacun cotiserait en fonction de ses moyens et on recevrait tous une somme pour pouvoir se nourrir. Actuellement, il y a encore des millions de Français qui n’ont pas les moyens de se nourrir », expose Célina Caruana.

Un projet qui est « en train de monter », avec « de plus en plus de collectifs qui sont en train de grandir sur notre département. On pense que c’est une initiative vraiment importante qu’il faut défendre », déclare le syndicat, qui estime que c’est aussi un moyen d’améliorer le revenu des paysans qui seraient conventionnés et « de faire de la qualité pour des personnes qui n’en ont pas forcément les moyens. » Rendez-vous au Blaisance café, à Trescleoux, vendredi à partir de 19 h.

Des visites de fermes dans le Queyras et le Gapençais

Samedi, une visite de chèvrerie et de fromagerie pédagogique est prévue à la Ferme des Moulins, à Arvieux, à partir de 15 h, avec nourrissage des chevreaux et traite à la clé. Enfin, dimanche 8 mars, grand public et professionnels sont invités au Gaec Saint Roch, à Rambaud, à partir de 14 h 30 pour une visite, un goûter et des discussions sur la diversification.

Toutes les animations sont gratuites, plus d’informations sur la page Facebook de la Confédération paysanne des Hautes-Alpes.

Et pour en savoir plus sur les revendications du syndicat, sur les sujets de la prédation du loup, du revenu, des élections municipales, rendez-vous ce vendredi à 12 h et 19 h dans notre émission La Vie Publique.