La Petite Ourse : dans les coulisses de la ressourcerie gapençaise
La Petite Ourse est bien connue des Gapençais pour son magasin de seconde main. Mais derrière les rayons, plus d'une trentaine de salariés travaillent dans les ateliers de la ressourcerie. Nettoyage, réparation, customisation : c'est aussi là que se joue la mission d'insertion de la structure.
Fauteuils, canapés, vaisselle, livres, jouets ou électroménagers : avant d'arriver dans les rayons de La Petite Ourse, chaque don passe par les ateliers de la ressourcerie, dans la zone artisanale des Eyssagnières. Les objets y sont triés, nettoyés, testés, réparés ou transformés et, lorsque cela est nécessaire, recyclés.
Donner une seconde vie aux objets
Sur 600 m², les ateliers se succèdent, chacun avec sa spécialité. Menuiserie, tapisserie, électroménager... Dans ce dernier, chaque appareil est testé avant d'être mis en vente. « Avant, on branchait, ça ne marchait pas, on mettait au recyclage. Maintenant, Sergi, Loan ou Mathieu essaient de trouver la panne. On voit si ça vaut le coup de réparer ou non. Si oui, on commande la pièce et on répare », explique Ronan Cogan, encadrant et chargé de relations entreprises.
Une façon de proposer des équipements à prix accessibles : « Four, lave-linge, lave-vaisselle... Ce sont des objets qui, neufs, coûtent cher. Nous, on va vendre ça entre 50 et 150 euros. Dans le magasin, un frigo à 150 euros, c'est un très beau frigo avec congélateur. C'est l'esprit de La Petite Ourse : aider les plus précaires à pouvoir acheter des équipements primordiaux. »
Dans l'atelier de tapisserie d'ameublement, un ancien canapé peut lui aussi retrouver une nouvelle jeunesse : ressorts, mousse, tissu... Pourtant, beaucoup n'ont jamais touché une machine à coudre avant leur arrivée. « La plupart ne savent pas coudre. Au début, ils ont un petit peu peur puis, au fur et à mesure, ils arrivent à s'exprimer », raconte Anne Carles, encadrante.
Retrouver confiance en soi
Les ateliers sont aussi des espaces de création. Luminaires, miroirs, têtes de lit ou paravents : les salariés peuvent laisser libre cours à leur imagination. « Les employés vont donner de leur âme, de leur poésie, de leur ventre parce que ça va vraiment chercher très loin », estime Anne. Des créations ensuite exposées et vendues au public.
« Quand on arrive à La Petite Ourse, on a souvent la tête baissée. Cet atelier aide particulièrement à reprendre confiance en soi. On a des expositions dans lesquelles ils vont pouvoir vendre leurs créations réalisées de A à Z. Ils vont voir les acheteurs avec le sourire, et forcément, ça fait quelque chose. »
Cette confiance retrouvée est au cœur de la mission d'insertion de la structure. Aux 14 salariés permanents s'ajoutent plus d'une trentaine de personnes accompagnées dans leur parcours social et professionnel. Embauchées pour une durée de quatre mois à deux ans maximum, elles bénéficient du soutien de deux conseillères en insertion professionnelle, pour leurs démarches administratives, leur logement ou encore la construction d'un projet professionnel.
« Ils ont parfois perdu confiance dans le monde du travail. C'est le premier objectif qu'on essaie d'atteindre. Le fait d'avoir sa place dans une équipe, dans une entreprise permet de se dire : "Oui, j'ai une utilité, oui, je peux faire, j'ai ma place." La reprise de confiance en soi est une condition nécessaire pour s'engager dans une dynamique professionnelle », souligne Noémie Brochier, directrice de la structure.
Elle cite notamment deux anciennes salariées qui, après leur passage à La Petite Ourse, se sont dirigées vers des formations d'aide-soignante, qu'elles ont récemment « brillamment réussies ».
Faire découvrir l'arrière-boutique
Pour faire connaître cette partie moins visible de la ressourcerie, La Petite Ourse propose des visites aux professionnels comme au grand public. « Le nom est connu, le magasin est connu, mais on s'est rendu compte que peu connaissent les ateliers et le travail derrière. Les visites sont la meilleure communication possible. Les gens se rendent compte de notre mission, de ce qui est fait ici dans nos locaux et sont agréablement surpris », explique Ronan.
Et l'aventure continue : à l'automne, La Petite Ourse doit ouvrir un nouvel espace à côté de son magasin. Une inauguration est prévue pour célébrer cette nouvelle étape.