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JO d’hiver 2030 : quarante ouvrages à livrer, les discussions « en cours de finalisation » pour le Fort des Têtes

Après une première année de travail, la Solideo Alpes 2030 entame les procédures de concertation, d’instruction et d’attribution des marchés. Dans moins de quatre ans, une quarantaine d’ouvrages devront avoir été réalisés pour les JO d’hiver, dont un village olympique au Fort des Têtes à Briançon.

« Les objectifs fixés pour cette première année ont été atteints » : à l’instar de Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, les dirigeants de la Solideo Alpes 2030 tiennent à afficher maîtrise, confiance et satisfaction. De quoi faire oublier les turbulences rencontrées dernièrement par le Cojop, comité d’organisation, touché par des démissions en cascade.

Réunie le 29 avril dernier pour son sixième conseil d’administration, la société de livraison des ouvrages olympiques a, auprès de la presse, déclaré que « les financements sont sécurisés, les projets sont identifiés, les procédures sont lancées ». Un an après son lancement, cet établissement public de l’État, gouverné avec les collectivités locales, dont les deux régions alpines, rassemble une équipe de 55 personnes et a passé 60 marchés publics.

Livrer quarante ouvrages à temps, un « défi considérable »

Objectif : « livrer les ouvrages pérennes » pour les JO d’hiver 2030, rappelle Pierre-Antoine Molina, délégué interministériel aux jeux olympiques et paralympiques et aux grands évènements sportifs. Le tout en à peine cinq ans, soit un « défi considérable », admet le représentant de l’État. Pour l’heure, 2026 sera l’année consacrée à la concertation avec le public, aux demandes d’autorisation et à l’attribution des marchés, avant des travaux qui débuteront au plus tôt en 2027.

Au total, près de 40 projets sont au programme, annonce la Solideo :

  • Les villages olympiques, « conçus pour être convertis en logements et équipements » :
    • Nice, à proximité de l’Alliance Riviera
    • Briançon, sur les sites du Fort des Trois Têtes et de la Schappe
    • Bozel (Savoie)
    • Saint-Jean-de-Sixt (Haute-Savoie)
  • Les équipements sportifs, en « privilégiant l’existant et en en améliorant la performance » :
    • Rénovation de la piste de bobsleigh de La Plagne
    • Aménagement des tremplins de saut à ski
    • Réalisation d’un complexe omnisports olympique à Nice
    • Aménagement des sites de compétition, notamment à Montgenèvre
    • Requalification des fonds de neige
  • Les infrastructures de mobilité, pour « améliorer durablement les conditions de déplacement » :
    • Amélioration de la RN94
    • Mise en place d’une ligne olympique réservée entre Briançon et Le Monêtier-les Bains
    • Rénovation des gares
    • Développement d’ascenseurs valléens
    • Dispositifs d’intermodalité
  • Les aménagements de proximité, pour « ancrer les jeux dans les territoires et dans la vie quotidienne » :
    • Requalification d’espaces publics
    • Équipements locaux
    • Infrastructures de desserte
    • Intégration paysagère

Une part des marchés réservés à l’insertion et à l’économie locale

« Les jeux représentent plus de deux milliards d’euros de marché », précise Renaud Muselier. Une manne qui devra notamment profiter aux secteurs de l’insertion professionnelle et aux entreprises locales, selon la charte sociale, économique et environnementale adoptée par la Solideo, souligne Francis Pannekoucke, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

« Nous avons une ambition globale de 10 % d’heures travaillées d’insertion professionnelle qui seront réservées aux personnes éloignées de l’emploi et de la formation », détaille l’élu. De plus, « un tiers des montants financiers des marchés sont dédiés aux TPE, aux PME et aux structures de l’économie solidaire. C’est majeur, parce qu’il faut mettre ce taux en perspective des 25 % de Paris 2024. » Autrement dit, les marchés « profiteront à nos entreprises locales : quand on dit TPE et PME, ça veut dire que c’est quand même plutôt la maille locale qui est convoquée », assure Francis Pannekoucke.

Des discussions « en cours de finalisation » pour le Fort des Têtes

Dans les Hautes-Alpes, plusieurs chantiers sont prévus. « Nous avons lancé les consultations sur les villages olympiques le plus tôt possible, pour permettre à des opérateurs de se positionner et de dialoguer avec nous dans une phase de dialogue compétitif », rappelle Damien Robert, directeur général de la Solideo. « C’est évidemment le cas du Fort des Têtes, à Briançon, et c’est d’ailleurs le premier qu’on a lancé. On savait qu’il fallait du temps pour réussir à bâtir un projet. Je n’irai pas plus loin parce qu’on est en cours de finalisation de la discussion avec les différents candidats, mais l’objectif est qu’avant l’été on puisse contractualiser et mettre en œuvre le projet. »

Toujours dans le Briançonnais, « il y a deux ouvrages de mobilité très importants », ajoute Damien Robert. « D’abord, le pôle d’échange multimodal de Briançon, qui est dans la continuité du grand projet de rénovation de la ligne Marseille-Briançon. Et puis la ligne olympique réservée : là aussi, les études avancent très vite, nous avons pris la maîtrise d’ouvrage et on peut espérer avoir un projet stabilisé à l’été. »

La concertation doit commencer en mai 2026

Dans quelques jours débutera une phase de concertation avec le public, annonce la Solideo. « Je vous donne tous rendez-vous aux réunions de concertation que nous allons faire sur chaque ouvrage, sur chaque site », annonce le directeur. « Entre le 15 mai et le 14 juillet, nous allons mener concertation sur concertation sur l’ensemble des ouvrages, avec un processus qui vise à informer le plus largement possible les populations et surtout à les associer à la fois à la programmation et puis derrière à la mise en œuvre de ces ouvrages jusqu’à 2030, et leur utilisation à l’issue des jeux. »

Un site internet dédié à la concertation doit ouvrir au mois de mai.