Jean Castex sur les quais de la gare de Briançon, le 05/05/26 / Photo : Elie Ducos pour ram05

JO d’hiver 2030 : à Briançon, Jean Castex vient plaider la cause du train

Mardi 5 mai, Jean Castex, PDG de la SNCF, s’est rendu à Briançon pour présenter et défendre les travaux prévus sur la ligne Marseille-Briançon en vue des JO 2030. L’occasion pour le dirigeant d’aborder aussi l’avenir du train de nuit.

Pour l’ensemble des élus haut-alpins rassemblés dans le hall de la gare de Briançon, la venue de Jean Castex marque une étape dans l’organisation des JO 2030.

« L’objectif, c’est de regagner en vitesse, pour revenir à des vitesses que nos grands-parents ont connues », explique l’ex-Premier ministre, aujourd’hui président-directeur-général du groupe SNCF. Au total, 342 millions d’euros vont être investis pour que l’actuel tortillard qui relie Marseille à Briançon en 4 h 40 le fasse en environ 4 h 20. Le trajet Briançon-Gap devrait lui descendre à 1 h 04.

Des travaux sur la ligne et en gare de Briançon

Au programme : rénovation de 120 km de voie ferrée, remplacement de 46 aiguillages, coup de jeune à 90 ponts et tunnels, modernisation de la signalisation sur certains tronçons, réouverture de deux points de croisement (Savines-le-lac et Laragne) et réaménagement de six gares de la ligne. Ces travaux devraient permettre la création de deux « trains express » reliant Marseille à Briançon en 3 h 40, sans s’arrêter dans toutes les gares de la ligne. Pour le moment, aucun chiffrage précis sur le nombre de voyageurs attendus dans les trains en direction de Briançon lors des Jeux Olympiques n’est disponible.

La gare de Briançon va aussi être modernisée, pour « faire le lien entre la voie ferrée et la ville », indique Jean Castex. Les travaux prévoient notamment la création d’une passerelle au-dessus des voies pour relier le parc des Sports. Une annexe de la gare routière avec des quais pour les bus sera aménagée à l’extrémité de la passerelle, côté parc des Sports, le long des voies de service de la gare. Et la gare routière principale, à côté de la gare, sera elle aussi rénovée.

Quelques voix critiques parmi les élus

Toujours à Briançon, la construction d’un site de maintenance des rames est aussi attendue d’ici 2029, pour le petit entretien courant des 17 nouvelles rames Régiolis qui viendront dans les prochaines années remplacer les actuels trains vieillissants et peu fiables – près d’un retard sur deux, dans le val de Durance, est lié à un problème technique sur les rames. Gérald Martinez rit jaune : « on refait ce qu’on faisait dans les années 1970, 1980 », déplore le maire de Saint-Léger-les-Mélèzes, régulateur sur la ligne des Alpes pendant 39 ans. « On avait un poste d’entretien et de nettoyage à Briançon. Après l’avoir supprimé, on redécouvre que c’était quelque-chose de bien. » Ces nouvelles rames seront aussi affectées à la branche de Valence.

Le maire de Briançon, Arnaud Murgia, fidèle à « la nécessité du désenclavement », prend exemple sur les voisins des Alpes du Nord. « Il faut se tourner vers la Savoie et la Haute-Savoie, car nous n’avons pas tout cela », affirme-t-il. « Nous allons faire en trois ans ce que nous n’avons pas fait en un demi-siècle ».

Pour autant, certaines voix sceptiques s’élèvent. Selon Gérald Martinez, l’un des rares élus critiques, il manque des moyens humains. « Pour 2030, il faudra neuf postes d’agent circulation supplémentaires pour ouvrir les gares. Sauf qu’aujourd’hui, il en manque déjà neuf. Je suis persuadé que les neuf postes vont être recrutés pour 2030, mais ce qu’il faut, c’est consolider ce qu’on a déjà aujourd’hui, car un agent circulation se forme en deux ou trois ans », explique ce fin connaisseur de la ligne.

Sur le train de nuit, « il faut des locomotives bimode »

Par ailleurs, Jean Castex a insisté sur l’avenir du train de nuit et en particulier sur le sujet des locomotives diesel pour le tracter, très peu nombreuses et louées à une société privée. « Il faut davantage de locomotives, mais surtout il faut des locomotives bimode, qui puissent à la fois rouler sur le réseau électrique entre Paris et Valence, puis en diesel à partir de Valence jusqu’à Briançon. Avec des locomotives bimode, on éviterait une source de complication. Mais les règles du jeu ont changé : c’est à l’État qu’incombe le renouvellement de ce matériel roulant. C’est d’ici la fin de l’année qu’il annoncera le résultat des appels d’offres », précise le patron de la SNCF.

Un article préparé par notre correspondant Élie Ducos.