Serre-Ponçon, Guillestrois-Queyras : en route vers un nouveau "Pays d'Art et d'Histoire"

Après dix ans de vie commune, les Communautés de Communes de Serre-Ponçon et de l’Ubaye se séparent. À l’automne le label Pays d’Art et d’Histoire qui a lié les deux collectivités pendant dix ans arrive son terme et elles ont décidé de ne pas le renouveler. Une nouvelle histoire pourrait s’écrire à présent entre Serre-Ponçon et le Guillestrois Queyras, qui veulent déposer une candidature commune au label.

Obtenir le label Pays d’Art et d’Histoire, c’est en premier lieu un atout de rayonnement, entrer dans un réseau de Villes et Pays reconnues par le Ministère de la Culture pour leur politique culturelle. Financièrement, le label ouvre aussi des droits à des aides pour éditer des dépliants ou des guides pour valoriser la connaissance produite par le Pays ainsi que ses atouts patrimoniaux.

Si certaines personnes qui ont contribué à « l’aventure Pays SUD » regrettent cette dissolution après autant de connaissance produite, le président du Pays SUD et sa directrice assurent que le travail fourni n’est pas perdu et qu’il sera réutilisé dans le prochain pays si la candidature aboutit. D’autre part la composition du pays SUD pouvait sembler « artificielle » à certains égards, les deux vallées étant peu connectées autrement que par le lac, lui-même artificiel. C'est sur plan culturel et cultuel que les territoires étaient liés historiquement puisque l’archevêché d’Embrun couvrait l’Ubaye actuelle. Ceci étant, le Guillestrois-Queyras faisait aussi partie de cet archevêché, rappelle Michel Mouront vice-président de la Communauté de Communes du Guillestrois Queyras également président de l’Office de Tourisme. C’est selon lui le premier point qui illustre la cohérence du futur pays.

Parmi les emblèmes de cette dépendance à l’archevêché d’Embrun, on peut signaler notamment les lions de pierre qui siègent sur les parvis de Notre-Dame du Réal et Notre Dame d’Aquillon à Guillestre.

Autre élément qui lie le Guillestrois-Queyras à Serre-Ponçon selon Michel Mouront, leur patrimoine militaire.

Par ailleurs au 19ème siècle, les deux territoires connaissent tous deux un exode rural vers le sud.

Arès la seconde guerre mondiale c’est une architecture plus fonctionnelle qui se déploie sur le Guillestrois-Queyras et Serre-Ponçon, estampillée «patrimoine 20ème siècle ».

Selon Michel Mouront les deux collectivités ont une « très forte connexion géographique » de par la Durance qui les traverse, et son affluent, le Guil. Le président de l’Office de Tourisme du Guillestrois Queyras signale enfin le climat méditerranéen qui les unit, tout comme la culture de la vigne.

Pour la suite il faudra s’armer de patience, car une candidature au label Pays d’Art et d’Histoire s’étale sur deux ans et demi. D’ici-là le personnel du de l’association Pays SUD, qui portait le précédent label a été réparti sur Serre-Ponçon et l’Ubaye, les postes étant déjà financées à 100 % par les deux collectivités.

Interrogée, la présidente de la Communauté de Communes de Serre-Ponçon Chantal Eymeoud se dit « très optimiste sur l’aboutissement de cette demande de nouveau périmètre »

Le deuil du précédent pays fut rapide car un premier jalon vers la nouvelle candidature a déjà été posé en juillet dernier avec le lancement d'un programme de recherche mené en partenariat avec l’École Nationale Supérieur d’Architecture de Marseille et qui viendra caractériser le patrimoine du XXème siècle de Serre-Ponçon et du Guillestrois-Queyras.

https://ram05.fr/serre-poncon-un-projet-de-recherche-en-architecture-pour-mieux-repondre-aux-enjeux-du-xxieme-siecle