Municipales 2026 à Gap : les gauches fusionnent, Roger Didier fragilisé
À Gap, les deux listes de gauche en lice pour le second tour des élections municipales ont annoncé leur fusion. L’addition de leurs scores au premier tour et le maintien de la liste Rassemblement National les place en capacité de faire tomber le maire sortant.
Après de multiples tentatives ces derniers mois, c’est finalement dans l’entre-deux tours qu’Union pour Gap et Ambitions pour Gap 2026 auront trouvé un accord. Devançant de huit points Charlotte Kuentz au premier tour, Elie Cordier part en tête de la liste déposée ce lundi à 15h30 en préfecture : « Agir ensemble pour Gap ».
« Les résultats du premier tour l’ont montré clairement. Il y a une majorité de Gapençaises et de Gapençais qui veulent une nouvelle équipe, un nouveau souffle, une nouvelle dynamique pour gérer et gouverner la ville de Gap. Et je crois que le constat qui a également été fait, c’est que personne ne peut gouverner la ville tout seul. L’accord qui a été trouvé permet de se donner tous les espoirs pour ce dimanche 22 mars », estime Elie Cordier.
Si l’accord a rapidement été trouvé, c’est que les choses « avaient été travaillées en amont et qu’Ambitions pour Gap 2026 savait ce qu’elle était prête à faire dans cette situation là », explique Charlotte Kuentz, dont la liste a agit « en responsabilité » en proposant la fusion dès dimanche soir. « On a su chacun reconnaître que l’on avait fait deux très belles campagnes avec deux très belles dynamiques. Il était extrêmement important que nous soyons en responsabilité par rapport à cette situation. », poursuit la numéro deux d’Agir ensemble pour Gap.
Un partage des postes à responsabilité
En pratique, trois postes d’adjoints à la ville de Gap sont attribués à Ambitions pour Gap 2026, à l’urbanisme et au logement, à l’éducation, et aux solidarités, ainsi que deux postes de vice-présidence à l’agglomération.
« L’accord porte essentiellement sur la gouvernance et la nécessité de partager l’exécutif », précise Charlotte Kuentz, dont la liste avait fait de ce point un élément central de son programme et de sa campagne. « On a tendance à voir les choses de façon très binaire, analise Charlotte Kuentz, mais les choses ne sont pas forcément noires ou blanches, droite ou gauche. À l’intérieur d’une identité qui est la gauche il y a plusieurs cultures et façons de fonctionner. Il est important que l’on sache faire de la politique en tenant compte de la pluralité ».
Une alliance qui place le maire de Gap en infériorité
Au premier tour, les trois listes de gauche ont cumulé 48,5% des voix exprimées, soit 8 points de plus que le maire sortant. Pour gagner un nouveau mandat, Roger Didier, classé (DVD) devra donc aller chercher du côté des abstentionnistes ou des électeurs qui ont choisi le Rassemblement National au premier tour. Dès l’annonce de cette fusion, Roger Didier a organisé sa première conférence de presse depuis le début de la campagne.
Dernière ligne droite
À cinq jour du scrutin, « Agir ensemble pour Gap » veut mettre les bouchées doubles, aller convaincre sur le terrain, chercher de nouvelles voix et marquer les esprits une dernière fois avant le vote. « On va mobiliser, mobiliser les abstentionnistes et continuer ce travail de porte à porte, et véritablement fédérer autour de la candidature et ce par une grande réunion publique au Tempo ce jeudi à 18h30 qui permettra évidemment de donner corps à notre dynamique ».