Le chalet du Villard, à Ceillac, lauréat du prix régional de la Fondation du patrimoine pour son projet de rénovation
Arnaud et Béatrice Jansen, propriétaires de la bâtisse queyrassine, bénéficient d’une aide financière pour leur chantier de réhabilitation. À terme, le lieu proposera des ouvertures au public.
C’est l’un des trois lauréats de la région, le seul des Hautes-Alpes : le chalet du Villard, à Ceillac, a reçu cette année le prix régional de la Fondation du patrimoine. Une récompense décernée en vertu de la « qualité du projet et du chantier » de réhabilitation du bâtiment.
Onze dossiers étaient en lice pour obtenir ce label permettant à des propriétaires privés de défiscaliser leurs travaux de restauration. C’est l’une des initiatives de la Fondation, qui se présente depuis trente ans comme un « outil de valorisation et de défense de notre patrimoine » et revendique la place de premier financeur du patrimoine public et privé, bâti et naturel, devant l’État.
« C’est un chalet qui sera ouvert régulièrement »
« Il faut souligner le courage des personnes qui entreprennent ce genre de restauration parce que c’est un véritable chantier. Même s’il s’agit d’un chalet, c’est une énorme bâtisse », déclare Bernard Sarlin, ancien délégué départemental de la Fondation du Patrimoine dans les Hautes-Alpes, à l’adresse des propriétaires, Arnaud et Béatrice Jansen. « Qui plus est, des animations sont prévues par la suite. »
En effet, « c‘est un chalet qui sera ouvert régulièrement, il mettra en scène des animations, il accueillera les associations pour leurs assemblées générales », abonde Serge Moro-Sibilo, son successeur. « Ça devient aussi quelque part une délégation de service public qu’ont permis les fonds privés : un bien privé devient un bien ouvert qui servira aussi à destination du public. »
« Cette immense bâtisse est construite selon l’architecture queyrassine »
Le chalet du Villard est à la fois original par sa taille et typique par son architecture. « C‘est un type d’habitation qui n’est pas courant dans le Queyras puisqu’on trouve au soubassement une ancienne bergerie, et il y avait l’habitation au-dessus », décrit Bernard Sarlin. « Très souvent, les chalets d’alpage sont des bâtisses beaucoup plus modestes qui étaient généralement sur des prés de fauche où l’on montait pendant la période d’été. Là, il s’agit véritablement d’une grande maison d’habitation, au sein d’un hameau, le Villard, qui comprend huit habitations et une chapelle. »
« Cette immense bâtisse est construite selon l’architecture queyrassine. En bas, c’est de la pierre et quand on monte dans les étages, c’est le bois qui prédomine. Et il y a des avancées qui permettent de sécher le foin, des avancées qui sont typiques du Queyras. »
Deux années de travaux
Les travaux, qui viennent de commencer, consistent à reprendre les soubassements, la charpente, la toiture ou encore le bardage, parfois en réutilisant des matériaux dans d’autres parties de la bâtisse. Ils devraient durer deux ans et coûter environ 600 000 €, dont 119 000 € de fonds privés apportés par la Fondation du patrimoine.
Cette dernière met décidément le Queyras à l’honneur cette année. Dans le même hameau de Ceillac, la chapelle Sainte Barbe fait l’objet actuellement d’une collecte de dons. Et à Château-Ville-Vieille, Fort Queyras a été désigné en 2026 comme le lauréat pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur du loto du patrimoine.