La saturation des routes inquiète les conseillers départementaux, dans la perspective des Jeux d’hiver de 2030
Mardi 14 avril, en séance plénière du Conseil départemental, les conseillers ont adopté une modification du plan pluriannuel d’investissement intégrant les Jeux d’hiver de 2030. Dans cette perspective, des inquiétudes ont été exprimées sur la saturation des axes routiers, déjà visible aujourd’hui.
« En période de pointe, nous avons 14 000 véhicules jours, ce qui fait que le réseau national n’est plus adapté », a martelé Marcel Cannat, vice-président du département en charge des infrastructures routières, avant de s’indigner : « On va avoir les JO chez nous et on a un réseau routier qui n’est plus adapté au trafic ».
« Ces véhicules, il faut bien qu’ils passent quelque part »
En effet, la route nationale 94 est devenue un sujet de préoccupation en saison haute. « Ces véhicules, il faut bien qu’ils passent quelque part, ils essayent des déviations ou des routes parallèles à la 94 », analyse Marcel Cannat. Valérie Rossi, conseillère départementale et députée de la deuxième circonscription a déploré le fait que le département investissent autant dans ses départementales, et que celles-ci finissent par accueillir un trafic disproportionné lorsque la nationale est saturée.
« On n’aura jamais d’autoroute chez nous, il ne faut pas rêver », a balayé le président du département Jean-Marie Bernard, avant d’insister sur la nécessité que l’État accélère sur l’amélioration de la route nationale.
Marcel Cannat a signalé une étude en cours sur le trafic, « prenant en compte les itinéraires bis », assurant que les résultats seraient surprenants. Pour appuyer les propos du président sur le rôle de l’État, le conseiller départemental du canton du Guillestrois a raconté une histoire récente.
Dernièrement j’ai été surpris. Une grue de 50 tonnes devait rejoindre Château-Queyras. Cette grue a eu une interdiction de passage sur le pont de Savines-Le-Lac. On va faire les JO bientôt ? Avec un pont sur lequel on ne peut pas passer ? C’est bientôt les JO ! Le pont n’est pas à nous, il va falloir se réveiller, et s’il faut faire un nouveau pont c’est un peu tard. Moi je n’ose pas imaginer comment on va faire quand on va commencer les travaux sur le Briançonnais.
Marcel Cannat, vice-président en charge des infrastructures routières
La route était aussi au coeur du Plan Pluriannuel d’Investissement. Initialement programmé jusqu’en 2027, soit la fin de la mandature actuelle , les conseillers ont voté son prolongement jusqu’en 2029 pour intégrer les financements ou cofinancements de projets liés aux JO : 81,4M€, dont une partie des projets avait été budgetée avant l’attribution des jeux.
44 millions financeront des créneaux de dépassement, une mise aux normes d’accotements, et des aménagements de carrefours et traversées urbaines dans la vallée de l’Avance. 12,5 millions permettront le confortement d’ouvrages, d’ouvrages d’art, de protections contre les chutes de blocs sur le RD 1091. Les 25 millions d’euros restants sont ventilés entre la la rocade de Gap, l’amélioration de la desserte ferroviaire de Briançon, et l’aménagement de la traversée de la Roche de Rame.
Jean-Marie Bernard a vanté la convention de financement des Jeux signée entre la Région et le département, approuvée par les conseillers : « Elle nous permet, sur 100 millions d’euros d’investissement sur nos réseaux routiers, de bénéficier de 55 millions d’euros de subvention. C’est tout simplement exceptionnel ».