Rénovation de la ligne des Alpes en vue des JO 2030 : quel bilan de la concertation publique ?
Un chantier conséquent va être mené d’ici 2030 pour améliorer la circulation des trains dans les Alpes du sud. Entre demandes incompatibles avec le délai et le budget, et requêtes à l’étude, la SNCF a présenté fin juillet le résultat de la concertation publique.
« La concertation a confirmé l’opportunité du projet ». Si les importants travaux prévus sur la ligne ferroviaire entre Aix-en-Provence et Briançon à horizon 2030 ne sont pas remis en cause, de nombreuses revendications ont émergé de mi-avril à fin mai 2026 pour les amender. SNCF Réseau et SNCF Gares & connexions y répondent dans un bilan communiqué fin juillet.
Pour un coût total d’environ 325 millions d’euros, le projet « Performance ferroviaire des Alpes du Sud » doit renouveler des sections de voie ferrée, régénérer des ouvrages, rouvrir deux points de croisement, améliorer la signalisation, supprimer des installations obsolètes et réaménager six gares. Objectif affiché : « améliorer durablement la performance, la fiabilité et l’attractivité de la ligne ».
Dans cette optique, l'accueil des Jeux olympiques 2030 dans les Alpes est présenté par l’entreprise à la fois comme « une opportunité » pour « accélérer » les opérations, et comme une échéance imposant des « délais contraints ». Ce calendrier, ainsi que les contraintes budgétaires, conduisent les maîtres d'ouvrage à écarter un certain nombre de propositions, tout en acceptant d'en étudier d'autres.
ram05 vous résume ici les principaux éléments résultant de la concertation publique.
Développement de la ligne
Le doublement de la voie, son électrification, ou encore la réouverture de nombreux points de croisements ne peuvent pas être réalisés d'ici 2030 pour des raisons de délai et de budget, déclare la SNCF. Sans toutefois vouloir exclure totalement ces idées des prochains programmes de travaux : « le projet proposé […] constitue un préalable au développement de nouvelles fonctionnalités », précise-t-elle.
- Le doublement de la voie « impliquerait la réalisation de travaux de très grande ampleur », mais est bien compatible avec certaines portions de la ligne ;
- « Les biocarburants, l’hydrogène » ou « l’utilisation de batteries » pourraient être privilégiés à l’électrification de la ligne en vue de sa décarbonation, même si cela n’est « pour l’instant pas envisagé » ;
- La réouverture de gares ne fait pas partie du projet, mais les demandes en ce sens « seront transmises » à la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, autorité organisatrice des trains express régionaux.
Desserte des gares
« La Région s’engage à maintenir les dessertes de toutes les gares de la ligne actuellement desservies », assure la SNCF. L’entreprise annonce transmettre à la collectivité les demandes du public en matière d’horaires et de fréquence des trains.
Gare de Gap
La gare de Gap doit être dotée d’une passerelle piétonne au-dessus des voies et d’un nouveau parking.
- « SNCF Gares & Connexions va mener des études complémentaires sur l’installation de goulottes pour monter les vélos par les escaliers » sur la nouvelle passerelle, et sa couverture et son déneigement vont être étudiés ;
- « Une signalétique claire » sera installée pour orienter les voyageurs ;
- La hausse du nombre de places de stationnement et l’aménagement du bâtiment voyageur avec l’ajout de commerces et d’espaces de snacking ne pourront pas être réalisés dans le cadre du projet pour des questions de délais et de budget, mais pourront être étudiés à l’avenir.
Gare d’Embrun
La gare d’Embrun doit bénéficier d’une amélioration de l’intermodalité, c’est-à-dire de la connexion aux autres modes de déplacement.
- Une réflexion est menée avec la commune pour trouver des places de parking supplémentaires sur ses terrains, et pour limiter le phénomène des « voitures-tampons » ;
- L’augmentation du nombre de places vélos dans des abris sécurisés est à l’étude.

Gare de Mont-Dauphin – Guillestre
La gare de Mont-Dauphin – Guillestre doit elle aussi être dotée d’un nouveau pôle d’échange multimodal.
- La manière de limiter le phénomène des « voitures-tampons » est étudiée, tout comme l’augmentation du nombre de places de parking, avec l’objectif de garder un équilibre avec la taille du parvis et sa végétalisation ;
- Les demandes d’aménagement du bâtiment voyageur avec l’ajout de commerces et d’espaces de snacking et d’installation d’une passerelle vers le plan d’eau ne sont pas retenues pour des questions de délais et de budget, mais pourront être étudiées à l’avenir ;
- La demande officielle de la mairie d’Eygliers de changement de nom de la gare en ajoutant la mention de la commune pourra être instruite, mais « relève d’une lourde procédure impliquant la modifications de toute la documentation et des outils », explique la SNCF.
Gare de L’Argentière-les-Écrins
L’intermodalité est aussi au cœur du projet à L’Argentière-les-Écrins.
- Les études seront complétées pour préserver le locotracteur exposé sur le parvis, « symbole de l’héritage historique et patrimonial local », et la SNCF « s’engage à ne pas abattre d’arbres ou à replanter ceux qui devront l’être » ;
- « Une signalétique claire » sera installée ;
- Les demandes de hausse du nombre de places de parking, d’aménagement du bâtiment voyageur avec l’ajout de commerces, notamment de produits locaux, ne sont pas retenues pour des questions de délais et de budget, mais pourront être étudiées à l’avenir ;
- Le changement de nom pour inclure la mention de L’Argentière-la-Bessée pourra être instruite, mais « relève d’une lourde procédure ».
Gare de Briançon
La gare ferroviaire de Briançon doit être dotée d’une passerelle urbaine, d’un parvis piétonnisé, d’un bâtiment voyageurs rénové et de deux gares routières.
- « SNCF Gares & Connexions va mener des études complémentaires sur l’installation de goulottes pour monter les vélos par les escaliers » sur la nouvelle passerelle, et sa couverture et son déneigement vont être étudiés ;
- Dans le bâtiment voyageurs, l’installation d’une consigne, d’un commerce de location de véhicules et l’augmentation du nombre de sanitaires sont étudiées, et un appel à manifestation d’intérêt pourrait être lancé pour l’ajout de commerces et d’un service de restauration ;
- Un travail sera mené avec la commune pour déterminer la manière de gérer les parkings et limiter le phénomène des « voitures-tampons » ;
- Les demandes d’allongement des quais ne sont pas retenues pour des questions de délais et de budget, mais pourront être étudiées à l’avenir.
Perturbations pendant les travaux
Le scénario proposé par SNCF Réseau est le suivant :
- Pendant toute l’année 2027 : réalisation des travaux de nuit, « à l’exception de quelques opérations de grande envergure pouvant durer jusqu’à 96 h nécessitant une interruption temporaire des circulations »
- À partir de début 2028 : fermeture pendant 8 mois de la portion entre Château-Arnoux et Aix-en-Provence
- À partir de mi-2028 : fermeture pendant 18 mois de la portion entre Briançon et Château-Arnoux
« Un plan de transport de substitution sera établi », mais les détails des interruptions de circulation « seront présentés ultérieurement ». « La région Provence-Alpes-Côte d’Azur a prévu d’engager un processus de concertation afin de prendre en compte au mieux les besoins des usagers pendant ces périodes », précise la SNCF. D’ailleurs, « les contributions recueillies sur ce thème durant la présente concertation ont été transmises » à la collectivité.
La mise en service de la totalité de la ligne est prévue pour fin 2029.
Les bilans de la concertation sont disponibles en suivant ce lien pour le code de l'environnement, et ce lien pour le code de l'urbanisme.