Comment technologies et médias façonnent nos identités : Magnanrama, nouvelle exposition aux Capucins à Embrun
Le centre d’art contemporain Les Capucins à Embrun consacre cet été une exposition aux travaux de Nathalie Magnan (1956-2016), figure importante et encore peu connue de l’histoire des médias, des technologies et du féminisme. Intitulée Magnanrama, Médias, technologies, identités et réseaux autour de Nathalie Magnan, elle mêle archives et œuvres contemporaines.
Une théoricienne engagée des médias
Chercheuse, réalisatrice, enseignante et activiste, Nathalie Magnan a contribué à faire connaître en France des réflexions pionnières sur les technologies et les identités. Pour Reine Prat, sa compagne et ayant droit, elle était à la fois « théoricienne et activiste des médias ».
La penseuse participe à populariser des concepts autour du cyberféminisme et de la figure du cyborg. Soit « comment l’humain, l’animal, mais aussi la machine sont en correspondance », résume Reine Prat à propos de ces travaux devenus particulièrement actuels.
Internet comme espace d’émancipation
Très tôt, Nathalie Magnan s’empare des possibilités offertes par Internet. Sites web, listes de diffusion, forums : elle utilise les outils numériques pour favoriser l’expression et l’organisation collective. Dès la fin des années 1990, elle crée notamment des espaces de parole pour les femmes victimes de violences sexistes et sexuelles.
Pour Mathilde Belouali, directrice du centre d’art et commissaire de l’exposition, Nathalie Magnan fut avant tout « une passeuse » capable de relier « les milieux féministes, lesbiens, activistes et les milieux de la technologie ».
Une exposition entre archives et création
L’exposition rassemble documents d’archives, films, photographies et installations, de Nathalie Magnan ainsi que d’une quinzaine d’artistes invités.
« Ce n’est pas tellement la reconnaissance d’une figure, c’est que ça réactive son travail », souligne Reine Prat. Une manière de mesurer combien les réflexions de Nathalie Magnan sur les médias, les réseaux et les formes de résistance continuent de résonner avec les enjeux contemporains.
Le vernissage a lieu le jeudi 25 juin à 18h, et l’exposition est installée jusqu’au 23 août.