Meilleure sécurité pour les bus, réduction du parking voitures, parvis piéton : les travaux prévus à la gare d’Embrun
Comme six autres gares de la ligne des Alpes, celle d’Embrun doit être rénovée en vue des JO 2030. L’espace devant le bâtiment sera modifié, avec l’objectif principal d’améliorer la sécurité vis-à-vis des bus. La perte de places pour les voitures inquiète quant à elle de nombreux habitants.
Le 20 mai dernier, le futur réaménagement de la gare d’Embrun a été présenté au public. Le projet prend place dans le cadre du plan de rénovation de la desserte ferroviaire des Alpes du Sud en vue des JO 2030.
Au total, six gares seront remodelées : Meyrargues, Gap, Embrun, Mont-Dauphin-Guillestre, L’Argentière les Écrins et Briançon. À Embrun, c’est l’espace devant le bâtiment qui sera modifié pour créer un « pôle d’échanges multimodaux ». Autrement dit, il s’agit de mieux connecter la gare à tous les autres modes de transports : voiture, bus, vélo, sans oublier la marche.
Les emplacements des bus seront déplacés
Parmi les objectifs : améliorer la circulation et du stationnement des cars, « qui aujourd’hui pose des problèmes en termes de sécurité puisqu’on a des bus qui stationnent devant la gare, et surtout qui reculent », décrit Jérôme Bini, directeur régional des gares de Provence-Alpes-Côte d’Azur pour SNCF Gares & Connexions, le maître d’ouvrage. Le projet vise donc à « créer un sens de giration qui permette aux bus de circuler de manière plus sécurisée pour l’ensemble des usagers de la gare mais aussi pour les scolaires », qui viennent prendre leur transport.
Au total, dix emplacements sont prévus, sont quatre pourvus de quais et six autres destinés aux cars scolaires et municipaux. Ils seront regroupés à droite de la gare, dans l’espace qui s’engage vers la chaufferie bois.
Une dizaine de places en moins pour les voitures
Sur la partie gauche, côté skatepark, sera regroupé le parking des voitures. « Une dizaine de places de stationnement devraient être supprimées », avec 39 emplacements prévus, dont un réservé aux personnes à mobilité réduite. Trois places pour les taxis, un dépose-minute et du pré-équipement de bornes de recharge électrique sont aussi au programme, ainsi qu’une plantation d’arbres.
La réduction de la place accordée aux voitures a été l’une des principales inquiétudes exprimées pendant la réunion publique. « Ce qui est sorti des échanges, c’est qu’il y a une grande volonté d’avoir des places supplémentaires. On va instruire cette demande avec les partenaires », déclare Jérôme Bini, qui rappelle néanmoins les contraintes du chantier : « il faut comprendre que le projet s’inscrit dans un temps court puisque l’objectif est de rendre les infrastructures prêtes pour la fin d’année 2029, pour qu’elles soient opérationnelles dans le cadre des JO », sans oublier qu’« on a travaillé dans le cadre du foncier qui était devant la gare ».
Pour autant, le directeur admet que « le but, c’est de traiter l’héritage ». « Des projets, il y en a eu avant les JO et il y en aura après. Donc soit on arrive à intégrer cette demande dans le cadre des JO, soit ça ne correspond pas et on travaillera sur une deuxième phase pour essayer de la régler. Mais ce avec les collectivités locales puisqu’elles sont aussi détentrices du foncier. »
Un parvis destiné uniquement aux piétons
L’espace central du parvis, « arboré et apaisé », sera, lui, réservé aux piétons. Enfin, pour l’heure, il n’est pas prévu d’ajouter de nouvelles places pour garer son vélo. Des demandes en ce sens ont été exprimées par les habitants. « Aujourd’hui, on a à peu près une quinzaine de places pour des vélos, soit dans le cadre d’un abri vélo sécurisé, soit sur des arceaux. C’est une demande qui va être remontée, je pense que c’est quelque chose qui peut tout à fait s’entendre. C’est l’objectif de ces réunions et de la concertation : écouter et tenir compte des préoccupations des usagers qui fréquentent la gare au quotidien », réagit Jérôme Bini.

Actuellement en phase d’études et de concertation, le projet doit passer à l’étape travaux de mars 2027 à novembre 2029. Pendant ce temps, la manière d’accueillir les usagers est en discussion. Il s’agit dans tous les cas d’« être au rendez-vous de février 2030 », les financements ayant été obtenus dans le cadre de l’organisation des JO d’hiver. Une enveloppe de 14,5 millions d’euros abondée par l’État et la région est dédiée aux gares de Gap, Embrun, Mont-Dauphin-Guillestre et L’Argentière les Écrins.
La concertation se clôture ce vendredi 29 mai. Il est possible de contribuer en ligne, sur registre-numerique.fr/performanceferroviaire-alpesdusud. Une dernière réunion est prévue à Gap ce jeudi 28 mai, au Tempo, à 18 h.