Gare d'Embrun / Photo : ram05

Aucun train pendant 18 mois en 2028 et 2029 : l’impact des travaux de rénovation de la ligne des Alpes

D’ici aux JO 2030, la liaison ferroviaire Aix-en-Provence – Briançon doit être largement remise à neuf. En contrepartie, la circulation sur la portion haut-alpine sera complètement coupée de mi-2028 à fin 2029, annonce la SNCF. Une fermeture qui concernera aussi l’axe conduisant à Grenoble.

« On peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein », ont répété à plusieurs reprises les représentants de la SNCF lors d’une réunion publique à Embrun ce 20 mai. Au sujet de la rénovation de la ligne des Alpes, pessimistes et optimistes auront effectivement de quoi débattre : pour mener les travaux à bien, et dans les temps, la portion haut-alpine sera totalement fermée pendant un an et demi.

Le chantier prend place dans le cadre des JO 2030. Ce contexte a permis de débloquer 342 millions d’euros, « une chance incroyable » souligne l’entreprise ferroviaire. Objectif : réaliser un renouvellement « très important » de la liaison Aix-en-Provence – Briançon, avec plus de 120 km de travaux de voie, la régénération d’une centaine d’ouvrages d’art et en terre, une rénovation de dispositifs de signalisation et la réouverture de deux points de croisement, à Savines-le-lac et Laragne-Montéglin. Le tout dans un « délai très restreint, beaucoup plus que d’habitude ».

Fermeture de la ligne et circulation de camions

En contrepartie, deux désagréments majeurs sont inévitables. « Les conditions de réalisation seront par fermeture de la ligne, malheureusement pour les usagers », annonce Patrick Larminat, responsable des projets chez SNCF Réseau Provence-Alpes-Côte d’Azur. « Il y aura une période importante en 2028 et 2029 de fermeture de la ligne pour pouvoir réaliser ces travaux. C’est la seule solution. Proportionnellement, c’est beaucoup moins que ce qu’on a fait les années précédentes, en rapport quantité de travaux / durée de fermeture, mais c’est indispensable ».

De plus, « l’autre impact qu’il va falloir accepter, pour, à la sortie, avoir un bien meilleur service et une infrastructure complètement rénovée, c’est la circulation de camions qui amèneront des tonnes et des tonnes de matériaux sur les routes du département », ajoute Patrick Larminat.

« L’intégralité des branches de l’étoile ferroviaire de Veynes sera fermée »

Dans le détail, « une première partie, le bas de la ligne entre Aix-en-Provence et Château-Arnoux-Saint-Auban, sera fermée pendant environ un semestre début 2028. Ensuite, de mi-2028 jusqu’à fin 2029, le nord de la ligne, à partir de Château-Arnoux-Saint-Auban jusqu’à Briançon, sera fermé aux circulations », expose le responsable des projets.

Plus largement, toute l’étoile ferroviaire de Veynes est concernée. « La ligne de Grenoble sera également fermée parce que nos collègues d’Auvergne-Rhône-Alpes ont aussi eu la chance d’avoir un énorme financement de 100 millions d’euros pour remettre à niveau la ligne entre Grenoble et Gap. Et donc, l’intégralité des branches de l’étoile ferroviaire de Veynes sera fermée. » En conséquence, « un dispositif de substitution sera mis en place, très adapté, que ce soit pour le train de nuit ou pour le train du quotidien », ajoute SNCF Réseau.

« C’est très fort en termes de pérennisation de la ligne »

À terme, il y aura, côté infrastructures, « une diminution certaine des causes d’incidents sur la ligne », rassure Patrick Larminat. « L’objectif, c’est qu’à la sortie de ces travaux et de cette période de fermeture désagréable pour tout le monde, l’intégralité de la voie entre Aix-en-Provence et Briançon (le ballast, les traverses et les rails) ait été rénové. Donc l’infrastructure de cette ligne, la structure voie, aura moins de 25 ans sur les 260 à 280 km. »

Concernant les ouvrages d’art et en terre, « il y en a 1 500 sur la ligne, donc, évidemment, on ne pourra pas tous les traiter, mais on va en remettre à niveau quasiment une centaine. Cela permettra, en fonction des données et des connaissances qu’on a aujourd’hui, de traiter tous les risques que nous avions jusqu’en 2035. C’est très fort en termes de pérennisation de la ligne », insiste le responsable des projets.

« Il faudra revenir périodiquement, non plus pour faire des travaux de voies, c’est-à-dire que les périodes de fermeture seront derrière nous, mais pour faire des travaux sur les ouvrages d’art et en terre, tous les 5 à 10 ans, pour traiter une dizaine, une quinzaine d’ouvrages sur la ligne. »