Municipales 2026 : tout ce qu’il faut retenir du premier tour dans les Hautes-Alpes
À l’issue du premier dimanche des élections municipales, les maires sortants de Gap et Briançon se sont qualifiés en tête pour le second tour. À Embrun, Chantal Eymeoud a été réélue largement pour un cinquième mandat. ram05 fait le point sur ce qu’il faut retenir du scrutin.
Article mis à jour à 16h40
À Gap, le maire sortant Roger Didier arrive en tête avec 40,5 % des voix. Mais les cartes sont rebattues par l’annonce ce lundi après-midi d’une fusion pour le second tour entre Union pour Gap et Ambitions pour Gap 2026. « Cette union prévoit la participation d’Ambitions pour Gap à l’exécutif municipal et communautaire, avec 5 postes à responsabilités, 3 adjoints à la ville de Gap et 2 vice-présidents à la communauté d’agglomération, détaille Elie Cordier sur sa page Facebook.« Conscients des enjeux nous avons pris nos responsabilités pour présenter ensemble un projet commun. Une telle union était attendue par les Gapençaises et les Gapençais depuis très longtemps. Nous avons réussi ! » se félicite le numéro un de la liste Union pour Gap.
La réélection de Roger Didier est également compromise par le maintien de la liste de Raphaël Leroux. Avec un score de 11 %, le Rassemblement national dépasse tout juste le seuil pour se maintenir au second tour et confirmait à ram05 ce lundi matin son intention de le faire « pour envoyer un maximum de colistiers au conseil municipal ». Les candidats ont jusqu’à demain 18 heures pour déposer les listes.
À Briançon, un entre-deux-tours décisif

À Briançon non plus, rien n’est joué. Trois listes s’affrontaient lors du premier tour : celles menées par Arnaud Murgia (43 %), Luc Marchello (35 %) et Richard Nussbaum (22 %). « On est largement en tête du premier tour, la dynamique de la victoire est enclenchée, a déclaré Arnaud Murgia depuis son local dans campagne à l’issue du scrutin, maintenant il faut se rassembler pour gagner dimanche prochain et faire gagner le seul projet crédible pour notre ville ».

Dans la sous-préfecture, le taux d’abstention pour le premier tour s’est chiffré à 36 %. Ces abstentionnistes, la liste Briançon territoire vivant emmenée par Luc Marchello va mettre les bouchées doubles pour les convaincre en vue du second tour. « Notre stratégie c’est d’aller au deuxième tour et d’essayer d’aller trouver les personnes qui n’ont pas voté et qui pourraient voter pour nous. On a eu un très bon accueil donc on pense qu’il est possible de faire changer Briançon » a-t-il expliqué.
Au programme pour cette semaine décisive pour la gauche : porte-à-porte intensif, tractage sur le marché mercredi et réunion publique jeudi. Mais bien sûr, à Briançon, beaucoup dépendra du maintien ou non de la liste de Richard Nussbaum. Une réunion à ce sujet était prévue ce lundi matin, dont on ne connait pas encore l’issue.
Large victoire de Chantal Eymeoud à Embrun
À Embrun, Chantal Eymeoud l’a emporté haut la main avec près de trois voix sur quatre. La maire sortante affrontait une liste de gauche conduite par Martine Assandri, face à laquelle la maire sortante a obtenu un score de 74 %, le plus élevé de ses cinq élections. « Je pense que c’est le travail sur le terrain qui a payé et les contacts étroits et privilégiés que j’ai peux avoir en tant que maire avec la population mais également les adjoints et les conseillers délégués », a-t-elle confié à ram05. Après l’annonce des résultats, Chantal Eymeoud a salué le climat respecteux selon elle dans lequel s’est déroulé la campagne : « il n’y a jamais eu de dérapage et c’est vraiment très appréciable car cela signifie aussi que la démocratie peut s’exercer dans de bonnes conditions même lorsque l’on a des points de vue différents ».

De son côté, Martine Assandri évoque une « grande déception » pour sa liste qui voulait « porter un projet très différent pour Embrun ». Déjà conseillère dans l’opposition lors de précédents mandats, Martine Assandri ne compte pas être « une opposition systématique, mais pas non plus entériner toutes les décisions proposées. J’ose espérer que cette fois-ci nous pourrons peser différemment et que la majorité pourra entendre les idées qui émanent de l’opposition ».
La prime au maire sortant
À l’instar de Chantal Eymeoud, près de deux tiers des maires sortants qui se présentaient face à un ou plusieurs concurrents ont été réélus.
Certains confortablement. Dans cette catégorie, la palme revient à Gérald Chenavier, à La Freissinouse, reconduit avec 76 % des voix. Chantal Eymeoud, donc, mais aussi Jacques Francou, à Aspremont, Richard Achin, à Aubessagne, et Vincent Faubert à Puy-Saint-Pierre ont, eux aussi, atteint ou dépassé les 70 %. Notons également la réélection dès le premier tour de Gaëlle Moreau, à Vallouise-Pelvoux, avec 56 % des suffrages, quand bien même la maire sortante affrontait deux concurrents.
D’autres maires sortants l’ont quant à eux emporté de justesse, comme à Crots, où Jean-Pierre Gandois récolte une avance de 27 voix, et au Monêtier-les-Bains, où seuls 21 bulletins départagent Jean-Marie Rey de son opposante. Mais le plus faible score pour un maire reconduit est celui de Christian Gilardeau-Truffinet, à Veynes, avec 50,67 % des scrutins.
Enfin, la continuité s’observe aussi dans certaines communes où le maire sortant soutenait son premier adjoint pour lui succéder : par exemple à Chorges, avec la victoire de Jérôme Arnaud (68 % des voix), à Orcières, où Sébastien Rouit récolte 65 % des suffrages, et à Puy-Saint-Vincent, où Didier Pluquet remporte 55 % des voix.
Quelques maires sortants éjectés
Sur les 41 maires hauts-alpins qui se présentaient face à de la concurrence, neuf ont perdu l’élection dès le premier tour. C’est le cas à Guillestre, Montbrand, Saint-André-d’Embrun, Saint-Chaffrey, Saint-Etienne-le-Laus, Savournon, Vars – où Dominique Laudré perd à six voix près face à Jérôme Hosszu, Saint-Véran – Mathieu Antoine est éliminé à quatre voix près face à Delphine Mathieu, et Manteyer – où Michel Pons se voit infliger un fort désaveu avec seulement 25 % des voix et un scrutin déjà largement remporté par Frédéric Rey (59 % des voix), alors même que trois listes étaient candidates.
À Guillestre, la maire sortante Christine Portevin n’a donc pas été réélue. Elle laisse la place à Manu Molle qui l’emporte avec 56 % des suffrages, légitimé par une forte participation de 70 %. « On avait une réputation d’être une liste pas très connue, avec des gens qui étaient là depuis pas très longtemps à Guillestre, mais visiblement dans les faits les gens ont vite compris que la compétence était au rendez-vous » estime Manu Molle.
Du changement s’opère aussi à Laragne-Montéglin : Kévin Queyrel, soutenu par le maire sortant Jean-Marc Duprat, s’incline face à Maurice Brun, conseiller d’opposition sortant. « C’est une belle victoire, un travail d’équipe avant tout. Pour moi le seul vainqueur d’hier soir, ce doit être Laragne-Montéglin, et je travaillera avec toute notre équipe en ce sens ». Interrogé sur les premières choses auxquelles sa liste s’attelera, Maurice Brun répond : « mettre immédiatement en place la proximité et la solidarité ».
Un second tour dans huit communes
Le département compte huit communes pour lesquelles un second tour est nécessaire.
Ce sera le cas à L’Argentière-la Bessée, où le premier tour s’est conclu par une large avance de Rémi Roux (47 %), suivi de, Jean-Pierre Rippert (36 %) puis du maire sortant Alain Sanchez qui ne compte que 17 % des voix. Ce dernier et ses colistiers se réunissent ce soir pour décider si la liste se maintient, si elle se retire ou bien si elle fusionne avec celle de Jean-Pierre Rippert.
À Eygliers, trois listes se présentaient pour le premier tour. Aubérie Dimpre arrive en tête avec 48 % des suffrages. Agnès Simond (39 %) et Guillaume Plagnol (13 %) sont tous deux en position de se maintenir.
À Châteauroux-les-Alpes, le maire sortant, Jean-Marie Barral, est en mauvaise posture avec un score de 27 %. Lydie Rignon et Jean-Michel Fortoul sont à 36 %, avec deux voix d’écart en faveur de la première. Les éventuelles fusions seront donc décisives. « Nous conservons intégralement notre équipe soudée, sans effectuer aucune alliance », a déclaré Lydie Rignon. De son côté, Jean-Marie Barral indique à ram05 réfléchir à ce qu’il fera au second tour.
À Saint-Bonnet en Champsaur, la liste de Fabien Ferraro, soutenue par le maire sortant, ne cumule que 30 % de voix, loin derrière Marie-Anne Bourgeois et ses 47 %. La troisième liste, de Paul Davin, a obtenu 23 %. Pour Marie-Anne Bourgeois « les choses sont claires : aucun fusion de liste possible. Je veux conduire la liste qui m’accompagne depuis le début jusqu’au bout ». Fabien Ferraro a annoncé à ram05 repartir avec sa liste entière : « On a assisté entre Paul Davin et moi à sorte de primaire puisqu’on est proche. J’estime que je suis le vainqueur donc Paul Davin prendra ses responsabilités, je pense, en retirant sa liste. Ou sinon il prendre ses responsabilités en se maintenant ».
Enfin, outre Gap et Briançon, les électeurs sont rappelés aux urnes également à La Saulce et Ventavon.
Une participation supérieure à celle de l’échelle nationale
La participation dans les Hautes-Alpes à 17 h était de 62 %, contre 36 % lors du scrutin de 2020. Elle se chiffrait à 49 % à 17 h au niveau national.
Terminons avec une mention spéciale à Charles Lacroix, élu à Abriès-Ristolas avec 81,65 % des voix, le plus haut score de ce premier tour dans les Hautes-Alpes si l’on exclut les 100 % obtenus dans les communes avec une seule liste.