Une campagne collaborative pour lutter contre le brûlage des déchets verts et promouvoir des alternatives vertueuses
« Le brûlage des déchets verts, un poison pour notre air ! » : c’est le slogan de la nouvelle campagne des Sentinelles de l’air. Les organisateurs lancent un appel à contributions pour sensibiliser les citoyens et les collectivités.
Les déchets verts sont les divers végétaux, feuilles, branches, herbes qui résultent de activités de jardinage et d’entretien des espaces verts. Par exemple : tontes de pelouse, tailles de haies, coupe de fleurs fânées ou ramassage de feuilles mortes. Les volumes sont rapidement conséquents et la tentation est forte de s’en débarrasser en les brûlant. Or cette pratique est dangereuse et interdite par la loi.
Brûler les déchets verts est interdit
Le brûlage des déchets verts est interdit depuis 1982, dans le cadre de la loi interdisant le brûlage des ordures ménagères à l’air libre. Cette interdiction a été réitérée par une circulaire de 2011. La pratique est passible d’une amende pouvant s’élever à 750 euros. Malgré cela, en 2023, 15 % des foyers français disposant d’un jardin brûlaient encore leurs déchets verts pour s’en débarrasser. France nature environnement, qui pilote la campagne des Sentinelles de l’air, estime qu’en France 830 000 tonnes de biodéchets sont brûlés chaque année.
Des risques sanitaires et environnementaux
Le brûlage des déchets verts représente un risque sanitaire. « 50 kg de déchets verts brûlés émettent autant de particules fines que 13 000 km parcourus par une voiture diesel récente, compare Clothilde Gagne de la Société alpine de protection de la nature, qui relaie la campagne de prévention dans les Hautes-Alpes, et en Paca, les brûlages de déchets verts peuvent représenter localement jusqu’à 45 % des particules dans l’air ». Ces particules fines favorisent le développement des maladies respiratoires et cardio-vasculaires.
Outre cet aspect sanitaire lié au dégagement de particules fines, le brûlage des déchets verts participe à l’appauvrissement des sols et nuit à la biodiversité.
Des alternatives vertueuses pour valoriser les déchets verts
Il est d’autant plus regrettable de brûler les déchets verts qu’ils peuvent être utilement employés au jardin. « Quand on tond une pelouse, laisser la tonte sur place permet d’enrichir les sols, de limiter l’évoporation de l’eau et de limiter l’arrosage, indique Clothilde Gagne, de même le paillage maintient les plantes en bonne santé et évite de trop arroser ». Les feuilles mortes peuvent quant à elles alimenter le compost, individuel ou collectif. Avec ces différentes techniques, les végétaux restituent au sol matière organique et nutriments.
Une campagne pédagogique et collaborative
Pour alerter sur les dangers du brûlage de déchets verts et pour promouvoir les alternatives vertueuses, les Sentinelles de l’air font campagne depuis trois ans, au printemps et à l’automne. La démarche s’appuie sur la plate-forme collaborative Sentinelles de la nature. « Elle permet de faire des signalements sur les atteintes à l’environnement, mais aussi de rencenser les initiatives favorables, explique Clothilde Gagne, l’outil permet de repérer les zones où il y a le plus de brûlages et ensuite de rencontrer les collectivités pour faire de la sensibilisation et de la pédagogie, et voir ce qu’il est possible de mettre en place sur le territoire ». Par exemple, certaines collectivités se sont dotées d’un broyeur, accessible aux administrés qui pourront utiliser le broyat dans leur jardin.
La campagne précédente avait recueilli une vingtaine de contributions dans les Hautes-Alpes. Les organisateurs espèrent une plus forte participation pour cette campagne d’automne qui court jusqu’au 1er décembre prochain.

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