Cortège du 24 octobre à Gap.

Grève du 5 novembre : les syndicats veulent amplifier la mobilisation dans le département

Après plusieurs semaines de mobilisation lycéenne et des manifestations contre la vie chère, les syndicats appellent à la grève ce jeudi dans les secteurs public et privé. Au cœur des revendications : le pouvoir d'achat et le budget 2027.

À Gap comme à Briançon, deux manifestations sont organisées ce jeudi 5 novembre. « Le mouvement lycéen a impulsé un mouvement plus général qui commence à prendre de l'ampleur partout », explique Karine Guerra, co-secrétaire de Sud Éducation 05.

Les organisations syndicales dénoncent notamment un « budget régressif ». Dans un communiqué unitaire, les syndicats de cheminots CGT, UNSA, SUD-Rail et CFDT condamnent « les licenciements qui se multiplient et les reculs sociaux qui deviennent la norme, même à la SNCF ». Ils estiment que « l'urgence sociale et salariale frappe l'ensemble des métiers avec la même force qu'elle frappe les écoles, les hôpitaux et les usines ». L'intersyndicale appelle à « l'unité et à la détermination » face au gouvernement.

« L'objectif de la journée du 5, c'est d'enfoncer le clou. »

Le 29 septembre dernier, les fonctionnaires s'étaient déjà mobilisés à l'appel de l'intersyndicale pour défendre la fonction publique et faire entendre leurs revendications. Une première journée jugée globalement réussie par Patrick Giraud, co-secrétaire de Sud Éducation 05. « L'objectif de la journée du 5, c'est d'enfoncer le clou. Le ras-le-bol, qu'il soit dans la fonction publique ou dans le privé, nous semble assez global et général. »

« Le niveau de vie n'est plus acceptable aujourd'hui. » C'est l'un des constats qui motivent cet appel à la mobilisation. Les revendications portent notamment sur une augmentation générale des salaires, des moyens supplémentaires pour les services publics, ainsi que le blocage des prix de l'énergie, des carburants et des produits de première nécessité.

Salaires, moyens renforcés et revendications lycéennes

Du côté de la CGT 05, Julien Bouille, co-secrétaire, insiste également sur la nécessité d'une meilleure répartition des richesses : « L'intersyndicale est claire : il faut des moyens, augmenter les salaires, les retraites, les minima sociaux. Ce qui est proposé aujourd'hui au monde de l'éducation et aux étudiants, ce sont des mesurettes. Depuis des années, on estime qu'il y a une espèce d'enfumage de la part du gouvernement. On ne se limite pas à la pompe, à la vie chère. Il faut une meilleure répartition des richesses. On ne se résume pas à un pouvoir de consommateur, il faut que l'on puisse vivre dignement avec un salaire décent et des retraites décentes. »

Sud Éducation 05 entend également relayer les revendications des lycéens : suppression de la réforme Blanquer et de Parcoursup, mise en place d'un plan d'urgence pour l'Éducation nationale, avec des recrutements massifs et la rénovation des établissements scolaires.

Pour le syndicat, la mobilisation doit désormais s'amplifier. Il appelle à la grève ce jeudi et évoque la possibilité d'un mouvement général reconductible. « Grâce au mouvement des lycéens et lycéennes, on voit que le gouvernement a un peu cédé. C'est encore loin d'être suffisant, mais c'est une bonne chose. Si on étend la mobilisation, on peut mettre une pression supplémentaire sur ce gouvernement et sa politique », poursuit Patrick Giraud.

La CGT 05 partage cette volonté de faire monter la pression par la grève. « Pour la CGT, il est clairement nécessaire de peser sur l'économie pour changer la donne et, pour le faire, ça passe par des actions de grève. Après, il y a différentes façons de le faire, en fonction de ce que chacun peut, ne serait-ce qu'une heure, trois heures, une demi-journée ou une journée pleine... Il y a différentes possibilités », explique Julien Bouille.

Les syndicats espèrent ainsi voir d'autres secteurs rejoindre le mouvement. « Tout le monde a embrayé sur les différentes actions, tout le monde est impacté par la vie chère, tout le monde en pâtit, que ce soient les retraités, les salariés du privé, les agents du service public, les hôpitaux, l'éducation... On sent une mobilisation générale qui permet à toutes et à tous de se retrouver autour de ces mêmes revendications » confie Karine Guerra. Un constat partagé par la CGT 05, qui observe une dynamique grandissante : « Il y a un effet de masse, il y a une réelle dynamique. Je pense que demain sera une grosse journée de mobilisation. »

Deux manifestations annoncées dans les Hautes-Alpes

À la veille de cette nouvelle journée de mobilisation, Julien Bouille tient également à souligner le bon déroulement des précédentes manifestations à Gap. Il souhaite rassurer les commerçants comme les manifestants sur les conditions dans lesquelles le cortège devrait se dérouler : « Il y a quelque chose de fort à Gap : nos manifs, elles n'ont jamais été violentes, ni vis-à-vis des commerçants ni vis-à-vis des forces de police. Il n'y a eu aucune volonté de casser ou de briser les vitrines de Gap. J'en appelle à la responsabilité de chacun. Les commerçants peuvent être sereins, les manifestants qu'ils le soient aussi. Et si on est tous sereins, ça se passera bien ! »

À Gap, le rendez-vous est donné à 10 heures devant le lycée Aristide-Briand. À Briançon, le cortège partira à 14 heures devant la mairie.

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