Secours en montagne : l’hélistation de Briançon expérimente la médicalisation pendant les saisons touristiques
Depuis le 5 janvier, la base de secours en montagne implantée à Villar-Saint-Pancrace est dotée d’un poste de garde, assuré par des médecins du service des urgences de l’hôpital de Briançon. Cette nouvelle organisation est expérimentée avec le soutien de l’Agence régionale de santé.
Avec 377 interventions médicalisées en 2025, la base de secours en montagne de Briançon est l’une des plus active de France. Pourtant, jusqu’à présent elle ne comportait pas de médecin posté sur place : en cas d’intervention, l’hélicoptère devait d’abord aller récupérer un médecin-urgentiste sur le toit du centre hospitalier des Escartons, avant de repartir pour effectuer l’opération de secours.
Une période de test en 2026
Depuis le 5 janvier, une nouvelle organisation est mise en place, à titre expérimental pour le moment : un médecin-urgentiste de l’hôpital de Briançon sera posté directement à la DZ (drop zone ou zone de dépose) de la section aérienne de la gendarmerie nationale, pour assurer des gardes de jour et se tenir prêt à embarquer dans l’hélicoptère pour assurer les interventions de secours.
Le dispositif est testé sur deux périodes en 2026, du 5 janvier au 15 mars puis du 15 juin au 30 août, pour un coût de 180 000 euros, pris en charge par l’Agence régionale de santé. Seize médecins-urgentistes de l’hôpital de Briançon participent au dispositif et tournent sur ce poste de garde à la base de secours.
Une meilleure efficacité des secours
Le docteur Olivier Briot a participé à la mise en place de cette nouvelle organisation, qui améliore les secours en montagne :
- un gain de temps sur les interventions : « le fait d’avoir un médecin basé à la DZ va permettre de gagner du temps, car le médecin est sur place, déjà tout à habillé et prêt à partir en intervention sur le terrain », indique-t-il. Le gain de temps est estimé à une dizaine de minutes, une rapidité qui peut être cruciale lors de certains secours, notamment en avalanches
- une stratégie opératoire plus efficace : « on peut maintenant élaborer cette stratégie avant le décollage, avec le pilote et les secouristes », indique le médecin-urgentiste. Il s’agit notamment de déterminer la quantité de carburant nécessaire à l’intervention et potentiellement l’hôpital où la victime sera transportée (Briançon, Gap, Grenoble ou Marseille). « La clé d’un secours en montagne efficace, c’est une cohésion d’équipe entre le pilote, les secouristes et le médecin », insiste Olivier Briot.
Plus de sérénité aux urgences de l’hôpital
Le fait d’avoir un médecin posté à la base de secours, avec un planning de garde pré-établi, apporte aussi de la sérénité au sein des urgences de l’hôpital, en supprimant les impacts des départs en intervention sur le fonctionnement du service : le médecin appelé pour une intervention de secours en montagne devait quitter sur le champ son activité en cours au service des urgences, qui devait compenser ce départ intempestif. Un inconvénient devenu d’autant plus problématique que le service des urgences de l’hôpital de Briançon enregistre de plus en plus de patients.
Depuis la mise en place du poste de médecin de garde à la base de secours il y a dix jours, une dizaine d’interventions ont été réalisées, dont certaines avec une importante médicalisation. À titre indicatif, en haute saison touristique, la base de secours réalise cinq à dix interventions par jour.