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L’écobuage, une pratique ancienne associée à des risques d’incendie

Une pratique ancestrale

Utilisé pour nettoyer fossés, canaux ou terrains agricoles embroussaillés, cette pratique traditionnelle de brûlage des végétaux sur pied reste très répandu dans le département, notamment entre février et avril.

Pour Daniel Discours, de la Direction départementale des territoires, cette technique répond avant tout à des contraintes d’accessibilité : « ce sont des zones où généralement on a des difficultés à débroussailler avec des engins mécaniques ». Le feu permet ainsi de rouvrir des terrains pentus abandonnés par le pastoralisme. Après le passage des flammes, « on a une végétation très tendre qui repousse », appréciée du bétail.

Un cadre réglementaire strict

Cette pratique est toutefois très encadrée. Chaque écobuage doit être déclaré en mairie puis signalé aux pompiers avant allumage. Les feux sont autorisés uniquement entre 10h et 15h, sans vent et sous surveillance permanente.

Le colonel Moreau, du SDIS 05, insiste sur les risques liés aux négligences : « le feu reste capricieux parfois ». Des départs d’incendie surviennent encore lorsque des propriétaires quittent leur chantier ou sous-estiment les conditions météo. Prévenir les secours permet aussi d’éviter des interventions inutiles et coûteuses : « à chaque fois que les pompiers sortent, ça a un coût ».

Pollution de l’air : un impact réel

Les conséquences sanitaires du brûlage végétal sont également être significatives. Sébastien Mathiot, d’AtmoSud, rappelle que ces feux émettent particules fines, oxydes d’azote et composés toxiques. Il souligne qu’« en termes de particules, c’est catastrophique ».

Selon AtmoSud, brûler 50 kilos de déchets verts équivaut à plusieurs milliers de kilomètres parcourus en véhicule diesel en termes d’émissions de particules fines. Les fumées stagnent particulièrement lors des épisodes sans vent, aggravant les risques respiratoires. Dans les Hautes-Alpes, l’agriculture représente environ 10 à 12 % des émissions de particules fines, dont une part liée à l’écobuage.