Arnaud Murgia (illustration) / Photo : Tiffany Derouet

Évacuation des véhicules du Pré de Madame Carle : le comportement des assurances jugé « honteux » par Arnaud Murgia

Coincés depuis la crue du 28 août dernier, les véhicules seront évacués ce jeudi par hélicoptère. État et collectivités se mobilisent pour financer l’opération. Pour Arnaud Murgia, président du Parc National des Écrins, le choix des assurances de « refuser » la prise en charge est « une honte ».

Les neufs véhicules bloqués au Pré de Madame Carle depuis près d’un mois seront évacués par les airs ce jeudi, a annoncé hier la préfecture des Hautes-Alpes. Les intempéries du 28 août avaient détruit en partie la route d’accès.

Les propriétaires, des particuliers et professionnels de la montagne, n’ont pas pu bénéficier de la prise en charge de leur évacuation par leurs compagnies d’assurance, car les véhicules n’ont pas subi de dommages, explique la préfecture. Ce sont donc l’État, le département et la commune de Vallouise-Pelvoux qui mettent la main à la poche.

Le conseil départemental doit participer à hauteur de 10 000 €, la commune 5 000 €. Et « l’État contribuera par une compensation de la dépense engagée par la Commune », explique la préfecture. C’est Rotortrade, groupe international spécialisé dans ce genre de service et dont la filiale française est implantée à Tallard, qui procédera à l’opération.

La nouvelle a été accueillie chaleureusement par Gaëlle Moreau, maire de Vallouise-Pelvoux et conseillère départementale, lors de la séance de rentrée de l’assemblée ce mardi matin : « ça nous touche beaucoup, ça aide les refuges et les visiteurs qui ont été pris dans ces dégâts de crue ».

Arnaud Murgia prêt « prêt à faire du name and shame »

Arnaud Murgia, vice-président du conseil départemental et président du Parc National des Écrins, dans le territoire duquel ces véhicules sont coincés, s’est quant à lui insurgé contre le comportement des assurances qu’il juge « scandaleux ».

« Les compagnies d'assurance ont ni plus ni moins refusé de prendre en charge l'enlèvement des véhicules auprès de leurs clients. C'est tout de même assez étonnant : ces clients-là n'étaient peut-être pas assurés tous risques, mais j'ai du mal à imaginer le moment où ils ont dû expliquer à ce pauvre gardien de refuge, qui avait une voiture coincée à plus de 2 000 mètres d'altitude, que ce n'était pas un cas de force majeure et que, malgré un arrêté de catastrophe naturelle, il n'y aurait pas de prise en charge. Je trouve ça honteux », a déclaré l’élu.

En réaction, Arnaud Murgia s'est dit « prêt à faire ce qu'on appelle du name and shame, et à dévoiler le nom de toutes les compagnies d'assurances qui ont refusé de prendre leurs responsabilités et qui amènent aujourd'hui la collectivité départementale à prendre à sa charge ce sujet ». Pour l’élu briançonnais, ces véhicules, s’ils était restés sur place pendant l'hiver, auraient pu « finir en épave en créant un drame écologique dans un site qui est une zone cœur du Parc national. C'est une honte de la part des compagnies d'assurance », a-t-il insisté.

Le vice-président a conclut son intervention en appelant à la vigilance. « Les compagnies d'assurance regarderont demain si elles continuent à assurer la commune de Vallouise Pelvoux ou d'autres communes confrontées aux risques naturels. Il faudra là-dessus aussi prendre, me semble-t-il, un certain nombre de décisions. »

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