Une centaine de manifestants réunis à Gap contre le « permis de tuer » et la loi Ripost
À Gap, une centaine de personnes se sont rassemblées samedi 19 septembre contre la loi Ripost. Adopté en première lecture à l'Assemblée nationale en juillet, le projet de loi prévoit notamment « une présomption d'usage légitime des armes à feu par les forces de l'ordre », un « permis de tuer » pour ses opposants.
Pour ces 19 et 20 septembre, le collectif SAVE, Stop aux violences d’État, avait lancé un appel national contre la loi Ripost. À Gap, le rendez-vous était donné samedi matin sur l'esplanade de la Paix.
Après des prises de parole, une centaine de manifestants ont défilé dans les rues de la ville, scandant notamment « Tout le monde déteste la police » ou « À bas l'État policier ».
« Avec cette loi, le policier n'aura pas à justifier d'avoir tiré, d'avoir blessé, d'avoir tué. »
Venu apporter son soutien au rassemblement, François brandit une pancarte : « Un État qui légalise le crime policier est une dictature, pas une démocratie. » Il explique : « Ce sera à la personne victime d'apporter les preuves, ou si elle est morte, à sa famille. Avec cette loi, le policier n'aura pas à se justifier d'avoir tiré, d'avoir blessé, d'avoir tué. Ce n'est plus de la légitime défense, c'est la légitimité de tirer. La répression devient de plus en plus forte ; si, en plus, des lois l'autorisent, ça ne peut qu'empirer. »
Un jeune militant de La France insoumise y voit « une loi injuste » : « C'est représentatif de la non-écoute du peuple. Il y a eu une pétition, des mobilisations, des voix contre et, pourtant, on n'a pas été entendu. Est-ce qu'on est réellement écouté ? D'où l'importance de cette nouvelle mobilisation. »
Inquiet des violences policières, notamment lors des manifestations, il confie : « On est à Gap, on se dit "c'est tranquille, y'a pas trop à s'en faire", mais j'ai quand même des amis qui, en 2018 déjà, s'étaient retrouvés aux urgences parce que blessés ou qu'ils ne supportaient pas le gaz lacrymogène. C'était déjà intense. Je vais bouger sur Marseille, je me fais du souci parce qu'on sait qu'à un certain moment, il faut partir sinon on se fait cogner. Ce n'est pas normal. On devrait pouvoir s'exprimer. »
Dans le cortège également, un militant NPA dénonce les violences et le racisme systémique de l'institution policière : « Cette police, si on prend la BAC, elle vient du colonialisme : comment maintenir l'ordre dans les colonies ? Et c'est là-dessus qu'on a expérimenté. » Il met également en cause le traitement judiciaire des affaires de violences policières : « En plus du drame, les victimes, les familles vont devoir se battre des années et des années. L'IGPN fait des enquêtes, mais c'est la police qui fait des enquêtes sur la police. Un grand nombre de ces enquêtes sont classées et n'ont pas de sanction. »
Selon le média Basta, rien qu’au cours des 5 premiers mois de 2026, on dénombre 22 décès. En 2025, 49 personnes sont mortes à la suite d'une intervention des forces de l’ordre.
Une première mobilisation qui en appelle d'autres
Venue avec son gilet jaune, Véro a tenu à marcher avec le cortège : « On va être mobilisé plus que jamais. La police qui a le droit de tuer, qui n'est pas jugée, c'est impensable. » Elle ajoute : « Et il n'y a pas que ça, le prix des carburants, le coût de la vie, l'état des hôpitaux, de l'école... il y a plein d'injustices... il faudrait que ça reparte, que les gens se mobilisent. Ce sont les petits noyaux qui font avancer les choses. » Des préoccupations qui se feront entendre le 29 septembre. Une journée nationale de grève et de mobilisation est annoncée dans l’ensemble de la fonction publique. « Les gens n'ont plus les moyens de vivre, c'est important qu'un maximum de personnes se mobilisent. C'est un appel intersyndical, tous ont signé l'appel. »
Revenu sur l'esplanade de la Paix, le cortège est parti pour une nouvelle manifestation en soutien à la Palestine, contre le génocide à Gaza. Les organisateurs de la marche ont appelé à rester mobilisés et ont rappelé les dates des prochaines manifestations : samedi 26 pour la marche pour le climat et le 29 pour les services publics et contre la vie chère.
Ce week-end, selon le collectif SAVE, près de 150 000 personnes ont défilé dans toute la France contre la loi Ripost.
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