Embrun : menacé de fermeture le week-end, l’internat du lycée restera ouvert, assure Chantal Eymeoud

Un vote du CA avait acté la fermeture de l’internat du lycée Honoré Romane à Embrun durant les week-end, mettant en difficulté les élèves résidant loin du département et venus pour les sections sportives et le BTS tourisme. La maire d’Embrun a déclaré à ram05 le maintien de l’internat, pour une année supplémentaire au moins.

La mobilisation d’élèves et de parents aura rapidement porté ses fruits. Jeudi 19 mars matin, une centaine d’élèves faisaient grève devant les grilles de la cité scolaire. Sur les 500 élèves inscrits au lycée, quelques-uns ont traversé la France spécifiquement pour ses sections sportives ou le BTS Tourisme.

« Cette section sportive est unique car ici on ne fait que notre sport et elle est qualifiante », explique Dalaï, en classe de première et qui souhaite devenir moniteur de VTT. « J’habite à environ six heures de route, dans l’Hérault, du coup je ne peux pas rentrer le week-end ». Même chose pour Nathan, originaire de Chalon-sur-Saône en Bourgogne et qui a choisi Embrun pour ses études supérieures : « j’étais intéressé par ce BTS, ici, au milieu des montagnes, car c’est dans ce cadre que je veux travailler plus tard ».

Certains élèves s’étaient inscrits dans ces sections spécialisées ou au BTS, pensant pouvoir bénéficier de la pension complète de l’internat à 300 euros par mois durant toute leur scolarité. « Si l’internat ferme ça va être très très compliqué car les loyers à Embrun sont super élevés », s’alarme Nathan. Craignant de ne rien trouver à la rentrée prochaine, Olivia s’était positionnée dès le vote du conseil d’administration sur un studio à 460 euros de loyer.

Une décision votée de justesse, sans toutes les parties

Si le bruit d’une fermeture le week-end courait depuis plusieurs semaines l’annonce officielle a déstabilisé les élèves par sa rapidité. « La direction n’a même pas pris le temps de mettre tout le monde autour de la table pour chercher des solutions », regrette Cathy Delépine, une parent d’élève présente le 19 mars. Le conseil d’administration, réuni le 16 mars, a adopté la mesure à une voix près, en l’absence de représentants de la commune, de la Région et du rectorat.

Deux réunions, un retour en arrière

Mercredi 25 mars, Chantal Eymeoud échangeait avec le recteur d’académie, le Directeur académique des services de l’éducation nationale dans les Hautes-Alpes et la Région pour « poser les différents éléments de fragilité constatés au niveau de l’internat, de façon à pouvoir y remédier ». Première victoire pour l’élue, le maintien de l’ouverture pour une année supplémentaire, au moins, tandis que des échanges sont engagés « pour consolider sur le long terme l’ouverture du week-end et que les moyens nécessaires pour assurer un encadrement de qualité soit durablement mobilisés ». Si le sujet compte autant pour la maire d’Embrun, c’est que selon elle, l’attractivité des filières sportives et du BTS qui recrutent à l’échelle nationale est liée à la possibilité pour les élèves et des étudiants de disposer d’un hébergement durant le week-end, si bien que sa fermeture « serait un impact négatif très fort pour ces sections et [impliquerait] nécessairement une perte d’élèves ». Si la solution de développer les familles d’accueil a été évoquée par les parents d’élèves, Chantal Eymeoud a estimé qu’elle n’était pas satisfaisante « tant d’un point de vue financier pour les familles que pour garantir la pérennité de l’accueil dans le temps ».

Un choix qui ne fait pas l’unanimité

Malgré un apparent consensus et des échos médiatiques et politiques importants, le maintien de l’internat le week-end ne coule pas de source au sein du lycée. « On manque de personnel, les classes sont surchargées, chaque année on perd toujours un peu plus d’heures et on a toujours un peu plus d’élèves par classe », observe un professeur, sous couvert d’anonymat. « Des projets pédagogiques sont menacés, le lycée manque de surveillants en journée. Si un surveillant est recruté, est-ce qu’il vaut mieux qu’il soit présent en semaine pour les 450 élèves, ou bien le week-end pour une vingtaine ? Interroge-t-il, c’est une question de priorités ».

Contacté, le proviseur de l’établissement n’a pas souhaité répondre à nos questions.