Adolescents et jeunes adultes sont appelés à se faire vacciner pour « préparer leur santé de demain »
Cette année, la semaine européenne de la vaccination cherche à sensibiliser particulièrement les 11-25 ans. Pour cette tranche d’âge, les vaccins ne sont plus obligatoires mais restent « très importants », déclare l’agence régionale de santé.
Les Hautes-Alpes bénéficient d’un « bon taux de couverture vaccinale » pour les vaccinations obligatoires, qui concernent les nourrissons. Mais « cela faiblit au fur et à mesure que les enfants grandissent », note Christel-Aurore Machado, directrice départementale de l’ARS, agence régionale de santé.
C’est justement vers les adolescents et jeunes adultes que se concentre la 22ᵉ édition de la semaine européenne de la vaccination, du 27 avril au 3 mai 2026. « C’est un âge charnière, et c‘est aussi l’âge où il n’y a pas obligatoirement l’occasion de rencontrer un médecin, puisqu’on est souvent en bonne santé », explique Christel-Aurore Machado. « C’est pour ça que c’est important, à cette époque de la vie, de rappeler qu’il y a des vaccins très importants, et que se vacciner, c’est préparer sa santé de demain. »
L’utilité de la vaccination
« Un vaccin, ça sert d’abord à se protéger soi-même de maladies, ainsi que les proches », rappelle François Bach, médecin de santé publique et administrateur du CoDES 05, comité départemental d’éducation pour la santé. « Ça sert aussi à ce qu’une communauté toute entière fasse « barrière » au passage de maladies communes comme la rougeole par exemple. » La vaccination permet aussi de prévenir certains cancers, comme ceux du col de l’utérus et de la sphère ORL grâce au vaccin contre le papillomavirus.
Sans compter que d’autres bénéfices inattendus ont été décelés récemment. « Aujourd’hui, on découvre qu’être vacciné permet de se protéger de maladies cardio-vasculaires. De façon un peu étonnante, les personnes qui ont des maladies cardiaques, par exemple, sont protégées par le fait de se faire vacciner parce qu’il y a beaucoup moins d’inflammations qui génèrent des infarctus. » Bref, « il y a énormément de bénéfices à être vacciné pour soi et pour les autres », conclut François Bach.
Une adhésion en baisse, mais toujours « bonne »
Malgré ces arguments, l’adhésion à la vaccination reste un « enjeu majeur », dans le contexte d’« une certaine suspicion » et de « craintes autour de la vaccination » qui existent « en France depuis longtemps », constate Laurence Pellissier, médecin responsable du centre de vaccination de l’hôpital de Gap. En 2024, selon Santé Publique France, 80 % des adultes se disaient favorables. Une « bonne adhésion », selon l’agence, bien qu’elle soit en baisse de quatre points par rapport à 2021.
La crainte des effets secondaires fait partie des réticences les plus fréquemment exprimées, relève la professionnelle de santé. Ceux-ci « peuvent exister. La plupart du temps, ce sont des effets très bénins. Il peut y avoir des effets secondaires plus importants, mais les vaccins sont encore plus surveillés que les médicaments : on suit ça et on déclare tous les effets secondaires », explique Laurence Pellissier.
« Quand un effet secondaire apparaît sur un vaccin, en général, on s’attend à ce qu’il soit au moins cent mille fois moins fréquent que l’effet donné par la maladie. Avec ce niveau d’échelle, qui s’appelle la balance bénéfice-risque, y a pas photo. Il y a beaucoup moins de risques à être vacciné qu’à être malade », souligne la médecin.
Une semaine de la vaccination pour faire le point
S’ils ne sont pas obligatoires, les vaccins destinés aux adolescents et aux jeunes adultes restent recommandés. Concrètement, sont prévus :
- Entre 11 et 13 ans :
- le rappel diphtérie-tétanos-coqueluche-polio,
- le papillomavirus, en deux doses
- les méningites ACYW, en une seule dose.
- Entre 15 et 25 ans : la méningite B.
- À 25 ans : le rappel diphtérie-tétanos-coqueluche-polio.
Si vous ne savez plus où vous en êtes, vous pouvez vous renseigner auprès de votre médecin traitant, en pharmacie ou au centre de vaccination de Gap. La vaccination a l’avantage d’être « accessible », souligne l’ARS : médecins, pharmacien, infirmiers et sages-femmes sont habilités à l’administrer, et il n’y a pas besoin d’avance de frais.