Capture d'écran de la vidéo

Actes de cruauté sur un chevreuil et injure raciste : une enquête ouverte à Gap suite à la diffusion d’une vidéo

Le parquet de Gap a ouvert une enquête suite à la diffusion d’une vidéo montrant des sévices perpétrés envers un chevreuil. Des propos racistes y sont tenus, l'un des protagonistes frappant l'animal en pensant « à un putain d’Arabe ». La scène aurait été filmée dans le Champsaur fin octobre.

Une vidéo difficilement soutenable, qui aurait été tournée récemment dans les Hautes-Alpes, est dans le viseur de la justice. Un internaute qui en a eu connaissance a alerté la presse en début de semaine, se disant « choqué par cette violence exacerbée et gratuite », et en précisant l’avoir aussi signalée « à des associations de protection animale ». En effet, les images montrent des actes de cruauté sur un chevreuil accompagnés d’injures racistes.

19 secondes sordides

Attention, la description des 19 secondes de la vidéo peut choquer les personnes sensibles.

On voit tout d’abord, de nuit, une voiture rouler au pas et en marche arrière, donc délibérément, sur la tête d’un chevreuil immobile au sol. Plusieurs voix sont audibles autour, dont celle d’une femme hors-champ disant « Ah, pas morte encore ».

Sur un plan suivant, un adolescent ou un jeune adulte habillé de noir s’approche de l’animal, installé au sol avec la tête dressée, et le frappe violemment dans la nuque avec une barre rigide, après qu’un autre individu lui ait d’abord suggéré de « lui mettre dans la gorge ». Pour motiver son geste, l’auteur du coup explique à l’assistance s’imaginer face « à un putain d’Arabe ». Le chevreuil convulse alors en basculant sur le dos, sous les acclamations des autres personnes présentes, non visibles : « Mais qu’il est con ! » et « Ah voilà, voilà ! ».

Enfin, l’animal est montré inanimé et étendu au sol, avec une voix déclarant « Et voilà c’est bon », avant que la vidéo ne coupe précipitamment, quelqu’un s’alarmant qu’une voiture approche. Enfin, apparaît subrepticement le portrait face caméra d’une jeune femme sur lequel sont superposés par un filtre un groin et des oreilles de cochon.

Des faits commis dans les Hautes-Alpes ?

Selon la personne ayant alerté les médias, qui affirme avoir reconnu deux protagonistes, les images auraient été filmées dans le Champsaur fin octobre. C’est aussi ce qu’affirment Médiapart et BFM DICI dans des articles publiés hier. Les personnes présentes seraient originaires des Hautes-Alpes, selon les deux médias.

Contactée par Médiapart, la femme ayant filmé aurait déclaré ne vouloir « répondre à aucune question ». De son côté, BFM DICI a recueilli le témoignage d’un protagoniste. Selon celui-ci, l’animal aurait été blessé après avoir été percuté « à 90 km/h », ce qui aurait justifié sa mise à mort : « on lui a pété la colonne, elle bavait, il fallait l’achever ».

La vidéo aurait d’abord été partagée de manière privée sur le réseau social Snapchat, avant d’être enregistrée et diffusée plus largement dans des cercles Gapençais, heurtant plusieurs personnes.

« Les actes de cruauté envers des animaux sauvages non-captifs ne sont toujours pas reconnus par la loi »

Le parquet de Gap a indiqué à ram05 avoir ouvert « une enquête pénale, confiée à la gendarmerie de Gap ».

Contactée par ram05, l’ASPAS, Association pour la Protection des Animaux Sauvages, indique étudier quelle réponse juridique apporter, sachant que « les actes de cruauté envers des animaux sauvages non-captifs ne sont toujours pas reconnus par la loi ».

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