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Braconnage de loups : « si ça continue comme ça, la population ne sera plus viable », redoutent les associations

La SAPN – FNE 05 et FNE PACA se portent parties civiles dans l’affaire des loups tués illégalement dans le nord des Hautes-Alpes. Face à des actes qui « se multiplient » envers cette espèce protégée, les associations soutiennent le travail de l’office français de la biodiversité.

Les associations de protection des animaux sont de plus en plus nombreuses à se porter partie civile : après One Voice, FERUS et l’Aspas, la SAPN – FNE 05 et FNE PACA ont aussi annoncé à ram05 se joindre à la procédure dans l’affaire du réseau de braconnage de loups. En janvier 2027, trois individus seront jugés à Gap pour « destruction et complicité de destruction illégale d'espèce protégée ». Les prévenus sont suspectés d’avoir braconné neuf loups dans le nord des Hautes-Alpes, a annoncé le parquet de Gap fin juillet.

« En tant qu'associations de protection de la nature, on ne peut que féliciter le travail de l'OFB [l’office français de la biodiversité, qui a participé aux investigations, ndlr] », déclare Catherine Bouteron, référente loups pour la SAPN – FNE 05 et animatrice Alpes du Sud pour FERUS. Les deux organismes ont porté plainte dans cette affaire. « On trouve que c'est une chose tout à fait juste. Le loup est une espèce protégée par des réglementations nationales et européennes. On ne peut pas s'affranchir de ce contexte. »

« Le phénomène du braconnage prend de l'ampleur »

Pour autant, cette affaire « n’est que la partie émergée de l’iceberg », regrette la bénévole. « On est en relation avec un collectif de naturalistes qui suivent plusieurs meutes de loups dans l'arc alpin depuis plusieurs années. Et on se rend compte que le phénomène du braconnage prend de l'ampleur : constats de mutilations, collets, disparitions de meutes », décrit Catherine Bouteron.

Si « ces destructions illégales se multiplient », les associations pensent que « c'est surtout en lien avec le contexte actuel » de baisse de la protection du prédateur. « Du coup, on se croit un peu tout permis », analyse la bénévole. « On a l'impression qu’il y a un laisser-faire qui est vraiment visible. »

Il faut que la population de loups puisse rester viable en France. Le loup, c'est aussi un animal qui va chasser les sangliers, qui va chasser les chevreuils, donc c'est important. Il a sa place dans le milieu naturel.

Catherine Bouteron, référente loups pour la SAPN – FNE 05 et animatrice Alpes du Sud pour FERUS

Le 11 août 2026, les services de l’État dénombraient déjà 17 loups tués illégalement en France depuis le début d’année, contre 20 sur la totalité de l’année 2025 et 9 en 2024. Ces actions, si elles continuent à prendre de l’ampleur, peuvent mettre en péril la pérennité de la population de loups, alerte Catherine Bouteron.

« La population de loups, actuellement, est stable. Si ça continue comme ça, elle ne sera plus viable. Et petit à petit, le loup va une fois de plus devenir très rare, voire risque à un moment donné de redisparaître », redoutent les associations. « Il faut que la population de loups puisse rester viable en France. Le loup, c'est aussi un animal qui va chasser les sangliers, qui va chasser les chevreuils, donc c'est important. Il a sa place dans le milieu naturel. »

« Tout acte illégal doit être puni »

Suite à l’annonce du procès, la FDSEA et les Jeunes agriculteurs ont mené le 31 juillet une action coup de poing à Embrun devant la gendarmerie et l’antenne de l’OFB en déposant fumier, pneus et carcasse de brebis. Et le 5 août, plus de 200 agriculteurs et éleveurs se sont rassemblés devant la préfecture pour protester contre la gestion du loup et dénoncer sa prédation sur les troupeaux. Les syndicats agricoles ont unanimement apporté leur soutien aux prévenus, en précisant le faire « sans intervenir dans la procédure judiciaire ».

La SAPN – FNE 05 et FERUS défendent au contraire le principe de la répression face au braconnage : « tout acte illégal doit être puni ». « Je pense que c'est un droit qu’ils s'octroient, de faire leurs lois eux-mêmes, mais on ne peut pas soutenir ce genre de choses », déclare Catherine Bouteron. « Chaque enquête qui aboutit, chaque condamnation, contribuent à lutter contre ce phénomène. S'il n'y a aucune punition, les éleveurs, agriculteurs, chasseurs vont croire que ça y est, c'est open bar et qu'on peut tirer dans n'importe quelles conditions, alors que ce n'est pas le cas. Il ne faut pas que ça le soit. »