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« Ça fait du bien » : comment le réseau Entre’Elles soutient les femmes entrepreneures qui se lancent

Depuis trois ans, l’association Initiative Alpes Provence anime le réseau Entre’Elles, qui soutient l’entreprenariat féminin. Ses membres s’entraident sur des aspects techniques et financiers mais créent aussi un cadre bienveillant, précieux en période de doute ou de baisse de motivation.

« On vit toute à 100 à l’heure, mais prendre le temps de faire une pause et d’échanger, ça fait vraiment du bien », sourit Aline Guillet, fondatrice du Colibri ludique, bar à jeux et salon de thé à Embrun. Ce jeudi 28 mai, elle accueille une quinzaine de femmes entrepreneures pour une matinée du réseau Entre’Elles.

L’isolement des femmes entrepreneure en milieu rural

L’association Initiative Alpes Provence accompagne tous les porteurs de projet dans la création d’entreprise, notamment en accordant des prêts d’honneur. Mais face au constat que les femmes restent sous-représentées parmi les créateurs d’entreprises, elle a lancé le réseau Entre’Elles en 2023. « Sur le 04 et 05, seulement 30 % des entreprises sont créées par des femmes », indique Gaëlle Delmas, responsable de l’animation entrepreneuriale au sein du réseau Initiative Alpes Provence. Au niveau national, l’écart est à peine moins prononcé mais la spécificité réside surtout dans l’isolement, « plus prononcé en milieu rural », décrypte-t-elle. « Les femmes n’ont pas forcément d’associés, de collègues de travail ou d’employés et donc c’est important qu’elles puissent se retrouver entre pairs dans ces temps collectifs. »

S’il existe beaucoup de réseaux mixtes, ceux-ci sont plutôt fréquentés par les hommes, indique Gaëlle Delmas. « Quand on met les femmes entre elles, elles évoquent très facilement les problématiques rencontrées. Elles s’entraident, font émerger des collaborations, et c’est ça qui donne un vrai coup de pouce », poursuit-elle, en soulignant que s’ils n’étaient pas mis en place par des structures d’accompagnement, les entrepreneures ne le feraient pas « forcément naturellement, contrairement aux métropoles ».

Moins de financements pour les femmes

Autre écart mesuré, les projets de femmes moins souvent financés par les banques que ceux des hommes, analyse Gaëlle Delmas, « alors que globalement, les statistiques montrent que leurs projets sont un peu plus pérennes, un peu plus travaillés en amont ». Selon une récente note de la Banque de France, « la probabilité de rejet [ndlr : d’une demande de financement] ne diffère pas significativement entre les entreprises dirigées par des femmes ou par des hommes ». L’écart résulterait donc du fait que les femmes ont moins recours aux demandes de crédit que les hommes, selon cette analyse. « Mais comment les femmes peuvent-elles demander un financement avec la même confiance que les hommes si 7 sur 10 d’entre elles ont intégré, comme un fait établi depuis des années, l’idée que ce serait de toute façon plus difficile pour elles ? », souligne l’ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Économique), s’appuyant sur un sondage réalisé par France active avec Opinionway.

Déjà deux-cents entrepreneures dans le réseau

Jeudi 28 mai, quinze femmes se sont réunies au Colibri ludique, avec un panel varié de projets : lancement d’un bike shop à Chorges, reprise d’un camping à Châteauroux-Les-Alpes, création d’un bar à tapas, smoothies et plage à Savines-Le-Lac… Environ 200 femmes entrepreneures ont déjà participé aux ateliers Entre’Elles. En moyenne, les rencontres rassemblent 40% de porteuses de projet et 60% d’entrepreneuses ayant lancé leur activité depuis moins d’un an. « Ce sont des temps collectifs où l’on peut travailler des thématiques telles que le syndrome de l’imposteur, qui revient beaucoup sur l’entreprenariat féminin, l’estime de soi, la confiance…», liste Gaëlle Delmas, rappelant l’important de travailler sur les représentations pour lutter contre les stéréotypes de genre qui persistent : « on ne dit pas forcément aux petites filles qu’elles peuvent être cheffes d’entreprises ».