Municipales 2026 : ce qu’il faut retenir du second tour dans les Hautes-Alpes
Douche froide pour la gauche à Gap : Roger Didier, maire sortant, l’emporte sur le fil au second tour des municipales. À Briançon, Arnaud Murgia est facilement réélu. La Saulce mise à part, ce sont de nouveaux maires qui ont été élus dans les autres communes des Hautes-Alpes où se jouait un retour aux urnes.
118 voix sur 18 066, c’est cet écart très faible qui permet à Roger Didier de l’emporter à Gap sur Élie Cordier et de s’engager pour un quatrième mandat à Gap. Bilan du second tour dans la ville préfecture des Hautes-Alpes : 47,5 % pour le maire sortant, 46,9 % pour Agir ensemble pour Gap, et, loin derrière, 5,6 % pour Raphaël Leroux, la tête de la liste Rassemblement national.
Entre le premier et le second tour, la gauche obtient le même nombre de votes à 30 bulletins près. À l’inverse, Raphaël Leroux perd 900 voix et Roger Didier, lui, en gagne 1 500. On peut supposer qu’une partie des électeurs du Rassemblement national ont donné leur voix à Roger Didier au second tour pour éviter une bascule de la mairie à gauche. Autre facteur pouvant expliquer la victoire du maire sortant malgré un ballotage défavorable : l’abstention a légèrement reculé au second tour, avec 500 votants de plus. La mobilisation des abstentionnistes semble donc avoir profité à Roger Didier.
Après cette triangulaire, Roger Didier remporte 32 sièges au conseil municipal, deux de moins que la mandature précédente, celle d’Élie Cordier dix, tandis qu’un seul est dévolu à la liste d’extrême droite. C’est la première fois que le RN dispose d’un siège au conseil municipal de Gap. Au conseil d’agglomération, 22 sièges sont attribués à Roger Didier et sept à Agir ensemble pour Gap.
« Tant que la tête fonctionne, je serai présent pour guider la ville de Gap »
Les résultats sont tombés relativement tôt dans la soirée, de même que les réactions des candidats. Au local de campagne, le maire sortant a commencé par embrasser chacun des membres de sa liste dans une euphorie généralisée, savourant sa victoire, avant de s’adresser à la presse.

« Les Gapençais on reconnu ce que nous faisons depuis pas mal d’années maintenant, c’est-à-dire du travail, du sérieux, de la sincérité, mais également de la rigueur », a déclaré Roger Didier. Il a également insisté sur l’importance selon lui de la continuité entre les mandats, profitant de l’occasion pour expliquer que celui-ci serait aussi celui de la transmission.
« Je vais essayer de passer le flambeau d’ici la fin de mon mandat. J’essayerai de tenir jusqu’au bout, mais rassurez-vous, tant que la tête fonctionne je serai présent pour guider la ville de Gap », s’est amusé le maire sortant.
Un peu plus tôt dans la soirée, Élie Cordier prenait la parole devant des sympathisants venus en nombre à son local de campagne. Le candidat de 29 ans a pris acte de la victoire du maire sortant. Préférant voir le verre à moitié plein, il s’est affiché comme tourné vers l’après.

« Si ce soir quelques dizaines de bulletins sur plus de 18 000 nous séparent de l’équipe sortante, je crois que nous avons lancé un espoir, une dynamique, un souffle dans notre ville qui évidemment n’est pas prêt de s’arrêter », s’est réjoui la tête de liste d’Agir ensemble pour Gap.
Le faible écart de voix conduit toutefois la liste à « étudier les possibilités » de recours dans les prochains jours « pour s’assurer de la sincérité du scrutin, non-seulement le jour du vote mais aussi durant la campagne de l’entre-deux tour qui peut évidemment l’altérer », précise-t-il.
Une large victoire d’Arnaud Murgia à Briançon
Les Briançonnais, eux, ont accordé une confortable victoire au maire sortant. Arnaud Murgia l’a emporté avec 48 % des voix, légitimé par un taux de participation de 66 %. Hier soir, c’était la joie au QG de campagne, et une combativité intacte pour l’élu de 41 ans.
« Ce soir, les Briançonnais ont très majoritairement dit non à deux choses : à La France Insoumise et à la trahison. En nous apportant leur confiance, ils ont validé le travail que nous avons accompli pendant six ans et porté une large confiance sur notre équipe et notre projet d’avenir de dynamisme et d’optimisme pour Briançon », a-t-il déclaré.

La campagne électorale briançonnaise a pour partie porté sur les JO 2030 et les aménagements qu’ils entraînent. À ce sujet, Arnaud Murgia dit avoir entendu deux messages : « nous devons rendre ces jeux olympiques encore plus sobres et encore moins impactants pour les habitants, notamment pour le projet de village olympique. Je m’y engage. Nous devrons deuxièmement placer la concertation avec la concertation avec la population au premier rang de nos préoccupations, pour associer les habitants, les informer et en faire les premiers acteurs de tous nos projets ».
Arnaud Murgia et sa liste disposeront de 25 sièges sur les 33 que compte le conseil municipal de Briançon, soit deux sièges de moins que lors du mandat précédent.
Briançon territoire vivant perdure sous forme associative
En deuxième position hier soir, la liste Briançon territoire vivant a capté 38 % des suffrages, ce qui lui confère six sièges au conseil municipal. « Nous restons la première force d’opposition à la politique de M. Murgia menée aujourd’hui et nous comptons être une opposition constructive et exigeante », indique Capucine Mounal. Briançon Territoire Vivant sera « exigeant sur le social et la culture » et présent pour porter « la voix de la gauche républicaine avec des valeurs humanistes et en faisant attention aux plus démunis et que la ville ne soit pas destinée qu’à une certaine partie de la population ».
Nous serons très exigeants du point de vue du social et de la culture. Nous serons là pour porter la voix de ceux qui ont voté pour nous aujourd’hui.
Au-delà de son rôle dans l’opposition municipale, Briançon Territoire Vivant a annoncé s’apprêter à créer une association « pour continuer à sensibiliser la population à la démocratie, et aller toujours plus vers la population pour plus de transparence, d’information et faire participer les habitants et faire en sorte que la démocratie soit la plus représentative possible à Briançon », explique Capucine Mounal.
La liste emmenée par Richard Nussbaum aura deux sièges au nouveau conseil municipal, grâce aux 14 % des suffrages obtenus hier lors du second tour.
Rémi Roux, futur maire de L’Argentière-la-Bessée
À L’Argentière-la-Bessée, l’offre du second tour était la même que la semaine précédente. Les électeurs se sont davantage mobilisés pour départager les trois candidats, avec 70 % de participation contre 66 % le 15 mars.
Sans surprise, Rémi Roux a confirmé sa large avance du premier tour (47 %), en réunissant 51 % des voix. Pour le futur maire, cette victoire « marque un signe fort sur le fait que les Argentièrois veulent un projet ambitieux, mais réaliste« . Les priorités de l’élu sont nombreuses.

Premièrement, « renouer un lien de confiance avec la communauté de communes car l’Argentière en a réellement besoin pour mettre en place ses projets, notamment la friche des FAP et la rénovation de la trésorerie ». Deuxièmement, « enclencher des projets qui mettent du temps à s’enclencher car il faut étudier leur faisabilité technique, financière ». Et enfin, adopter le budget car cela doit être fait avant le mois d’avril pour les communes.
La liste de Jean-Pierre Rippert a, elle aussi, augmenté son score hier, passant de 36 à 37 % des voix, tandis que celle du maire sortant, Alain Sanchez, a dégringolé, de 17 à 12 %.
À Saint-Bonnet-en-Champsaur, un score « incroyable » pour Marie-Anne Bourgeois
Du côté de Saint-Bonnet-en-Champsaur également, la tendance observée au premier tour s’est confirmée au second, même si le retrait de Paul Davin, arrivé dernier, avait rebattu les cartes : Marie-Anne Bourgeois a été nettement préférée à Fabien Ferraro, soutenu par le maire sortant.
La future maire a récolté 62 % des bulletins, 15 points de mieux que la semaine dernière, un score qu’elle qualifie « d’incroyable » et attribue au fait ‘être sur le terrain depuis sept mois. « On a fait deux rencontres par semaine, du porte à porte, trois réunions publiques… On a bossé. Le deuxième constat c’est qu’il semblerait que les habitants aient envie de renouveau et surtout d’une gestion différente de la commune puisque nous allons ouvrir les débats. Avant chaque projet et pendant chaque projet, les gens seront invités à des réunions publiques pour donner leurs avis ».
Une forte participation à Châteauroux-les-Alpes, en faveur de Lydie Rignon
À Châteauroux-les-Alpes, le résultat était très incertain, puisque après le désistement du maire sortant, Jean-Marie Barral, ne restaient en lice que les deux listes arrivées presque ex aequo au premier tour : celle de Lydie Rignon, 37 %, deux voix devant celle de Jean-Michel Fortoul.
C’est finalement la première qui l’a emporté hier avec 53 % des voix, lors d’un second tour atteignant 86 % de participation.

Pour Lydie Rignon, « une nouvelle page s’ouvre dans l’histoire de Châteauroux. Les Chateauroussins ont déjà exprimé la semaine dernière une volonté de renouveau. Ils se sont déplacés et ont voté massivement et je suis très satisfaite de ces résultats. Tout était possible, on ne pouvait pas préjuger de ce qu’il allait se passer, néanmoins les résultats sont sans appel »
À Eygliers, Aubérie Dimpre remporte le second tour
53 %, c’est aussi le score d’Aubérie Dimpre à Eygliers, face à Agnès Simond. La future maire était déjà arrivée en tête (48 %) du premier tour, à l’issue duquel Guillaume Plagnol, arrivé dernier, s’était retiré. Aubérie Dimpre souhaite en particulier accorder toute leur place aux élus de l’autre liste : « on souhaite vraiment les intégrer au travail, qu’ils ne soient pas considérés comme l’opposition mais comme faisant partie intégrante du conseil municipal, en les invitant aux réunions de travail. On en avait déjà parlé en amont et je tiendrai mes engagements là-dessus ».
Roger Grimaud reconduit à La Saulce, Jean-Claude Favier élu à Ventavon
À La Saulce, c’est le maire sortant Roger Grimaud qui arrive en tête du second tour, avec 54 % des bulletins contre 49 % la semaine dernière, un score légèrement supérieur à celui de 2020. Bernard Long (28 %) et Arielle Hourdoux Chevalier (18 %) ont tous deux légèrement baissé leurs scores.
Enfin, du côté de Ventavon, le maire sortant, Juan Moreno, a été battu par Jean-Claude Favier (51 %), qui avait déjà remporté la première place la semaine dernière. Depuis, le dernier arrivé, Jean-Luc Lang, s’était retiré de la course.
Côté participation, les Hauts-Alpins étaient 60 % hier à 17 h à s’être déplacés au bureau de vote, contre 48 % en France entière.