Séance du conseil communautaire du Briançonnais, le 22 septembre 2026 © ram05

TDB : les élus communautaires saluent « un équipement culturel très actif », l'opposition pointe « le profond malaise qui semble exister »

Les signalements visant le directeur du Théâtre Du Briançonnais et l'ouverture d'une enquête par le parquet de Gap révélés par ram05 ont fait l'objet d'une intervention de l'opposition du conseil communautaire lors de la séance du mardi 22 septembre.

Si l'on s'en tient à la lecture du rapport annuel de l'ADAC CCB (association gestionnaire de la structure) donnée par Agnès Rossi, vice-présidente déléguée à la culture, le Théâtre Du Briançonnais se porte bien. Il séduit un public jeune, avec une moyenne d'âge de 42 ans - Une réussite singulière au regard des résultats d'autres lieux culturels du département, observe Agnès Rossi. Il présente un budget équilibré malgré la baisse des subventions, compensée par une augmentation des ressources propres et une baisse de 19% du budget de programmation. En bref, le TDB est un « un équipement culturel très actif, à la fois par sa programmation, son travail avec les publics et son soutien à la création artistique », conclu la vice-présidente.

« La situation doit être prise avec le plus grand sérieux »

Il aurait été difficile de refermer le sujet sans aborder la question des signalements et de l'enquête ouverte par le parquet de Gap, après que celui-ci a été saisi par la DRAC PACA au titre de l'article 40 du code de procédure pénale. Et c'est Luc Marchello, élu du groupe d’opposition Briançon Territoire Vivant, qui a mis le sujet sur la table. « Nous constatons qu’un profond malaise semble exister dans le fonctionnement du théâtre et les conditions de travail de salariés actuels ou anciens », a-t-il déclaré, avant de souligner que l’ouverture d’une enquête montre « que la situation doit être prise avec le plus grand sérieux ».« Nous ne pouvons pas faire comme si nous découvrions ces difficultés », a poursuivi l'élu d'opposition, expliquant que les alertes portant « sur les violences ou harcèlement subis par certains salariés », avaient été formulées auprès de l'ADAC CCB et de « certaines autorités » par d'anciens salariés. « Notre responsabilité collective est de ne pas laisser cette situation s'enliser », a avancé Luc Marchello, proposant la création d'une commission d'élus représentant les différentes sensibilités de la communauté de communes pour se saisir de ce dossier « dans les plus brefs délais ».

Quid de l'appellation « scène conventionnée » ?

L’élu d’opposition s’est par ailleurs inquiété de l'absence de renouvellement de l'appellation « scène conventionnée » pour le théâtre, conditionnée à l’écriture d’un projet artistique qui doit être approuvé par la Direction Régionale des Affaires Culturelles. Depuis le départ de l’ancien directeur en 2020, le précédent projet artistique est devenu caduque, et aucun nouveau document n’a été validé depuis.

« À ce stade, la seule chose qui prévaut, c'est la présomption d'innocence »

Le président de la communauté de communes Arnaud Murgia n'a pas rebondi sur la proposition d'instaurer une commission dédiée, rappelant qu'une entreprise extérieure serait mandatée prochainement par l'ADAC CCB pour réaliser un audit. « Je vous propose tout simplement que nous soyons dans une démarche d'attente et de sérénité pour laisser à la fois le Ministère de la Culture mener l'audit interne de l'organisation, et d'autre part le parquet de Gap faire son travail d'enquête préliminaire ».

Suite à quoi « il sera le moment d'étudier les décisions que nous devrons prendre ou ne pas prendre. En tout cas à ce stade, je crois que concernant le directeur la seule chose qui prévaut, c'est la présomption d'innocence », a conclu Arnaud Murgia.

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