Le Théâtre Du Briançonnais à Briançon © ram05

TDB : le conflit se poursuit entre gouvernance, direction et salariés, une plainte « en diffamation » annoncée

Le Théâtre du Briançonnais et son directeur disent avoir déposé plainte « en diffamation » suite aux signalement pour violences qui visent Romaric Matagne et qui ont mené à l’ouverture d’une enquête par la justice. En réaction, le Collectif #ThéâtreDebout continue d’alerter sur des « souffrances au travail »

La crise s’envenime au Théâtre du Briançonnais. Depuis fin août, son directeur, Romaric Matagne, est visé par des signalements pour violences psychologiques, sexistes et sexuelles. Ils ont conduit la DRAC, direction régionale des affaires culturelles, principal financeur du théâtre, à saisir le parquet de Gap, qui a ouvert une enquête. La contestation envers le directeur a été publiquement exprimée lors de la présentation de saison mi-septembre par des salariés anciens et actuels qui dénoncent des « dysfonctionnements graves » s’apparentant à du « harcèlement moral au travail ».

En réaction, le TDB, représenté par son président René Bonnet, et Romaric Matagne, ont annoncé la semaine dernière via leur avocat avoir déposé une plainte avec constitution de partie civile « à l’encontre des personnes ayant initié depuis le 25 août dernier une campagne de diffamation publique à leur encontre ». « Le directeur n’a absolument rien à se reprocher », a déclaré Maître Roland Lienhardt au Dauphiné Libéré le 17 octobre.

Des points de vue radicalement opposés

« Romaric Matagne est toujours en poste parce que ni la DRAC, ni qui que ce soit ne lui a communiqué à ce jour un quelconque signalement le mettant en cause, et justifiant que le théâtre prenne une quelconque mesure à son encontre fut-ce à titre provisoire », écrit l'avocat dans un communiqué daté du 15 octobre et publié en une du site du TDB.

Le Collectif #ThéâtreDebout a répliqué le 18 octobre en listant les alertes émises : « signalement [...] au parquet de Gap », « cellule de recueil de la parole relative aux VHSS (violences et harcèlement sexistes et sexuelles, ndlr) », « audit externe […] réalisé », « médecine du travail [...] alertée », « plusieurs arrêts de travail [...] prescrits », et « plusieurs salarié·es actuellement en poste [qui] ont officiellement fait état de leur souffrance ».

Pour l'avocat du TDB et du directeur, les personnes protestant contre les conditions de travail au théâtre « sont animé[e]s par des principes contraires à l’esprit démocratique ». En réponse, le collectif rappelle que ces « salariés, artistes, partenaires, compagnies, spectateurs et habitants » souhaitent alerter sur les « souffrances au travail » qui se traduisent en ce moment par « des troubles du sommeil, de l'anxiété, un état d'hypervigilance permanent, des difficultés de concentration, de l'épuisement psychologique, un sentiment d'insécurité, une détérioration importante de leur santé mentale, l'impression constante de devoir se justifier ou se protéger. »

Enfin, Maître Lienhardt prévient que « l'établissement se réserve la possibilité d'engager des actions judiciaires complémentaires afin de défendre ses intérêts, ceux de ses salariés et le respect de son projet de service public culturel ».

De son côté, #ThéâtreDebout demande à ce que « les nombreuses personnes qui se sont exprimées soient entendues », que « leur souffrance ne soit pas minimisée », que « les procédures actuellement en cours puissent se dérouler sereinement », et que « la protection des salarié·es, la qualité du dialogue, la prévention des violences, la transparence de la gouvernance et l'avenir du Théâtre Du Briançonnais soient placés au centre des préoccupations. »

Sollicités par ram05, Romaric Matagne et René Bonnet n’ont pas donné suite.

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