À la présentation de saison du TDB, le directeur dans le viseur d'anciens salariés et d'un collectif féministe
Vendredi avait lieu la soirée de présentation de saison au Théâtre Du Briançonnais. Entre l’absence du directeur, visé par plusieurs signalements pour violences sexuelles et sexistes notamment, et l’action d’anciens salariés et d’un collectif féministe, la rentrée du théâtre se fait dans un contexte houleux.
Mettre enfin un terme « à la loi du silence » et instaurer « une gestion saine et transparente ». À l’issue de la présentation des spectacles de la saison par les employés, six personnes - dont d’anciens employés du TDB - ont interrompu le déroulement en prenant la parole face aux spectateurs.
D'anciens salariés dénoncent des « dysfonctionnements graves »
Faisant allusion à l’enquête ouverte par le parquet de Gap et aux révélations de ram05 au sujet du directeur du théâtre, visé par plusieurs signalements pour violences sexuelles et sexistes notamment, et absent de la soirée, ils ont assuré « n’avoir pu que faire le lien avec des comportements que Romaric Matagne a eus dans le cadre professionnel et [qu’ils] considèrent comme du harcèlement moral au travail ». Selon le collectif, plusieurs salariés auraient quitté leur emploi au théâtre dans des conditions difficiles et d’autres personnes auraient souffert « d’agissements de Romaric Matagne alors qu’il était administrateur et responsables des ressources humaines, puis directeur-adjoint, puis directeur du théâtre ».
Le collectif va plus loin et explique que d’anciens salariés ont alerté les instances dirigeantes et les tutelles, mais ces « dysfonctionnements graves » auraient été « minimisés », « étouffés », « niés ».
Une action de la collective féministe Kass' Kayasse
Alors que René Bonnet, président de l’ADAC CCB, association gestionnaire du théâtre, tentait de reprendre la parole à l’issue de la présentation, il a été interrompu par la collective féministe Kass’ Kayasse. Après avoir remercié « chaleureusement » l’équipe du TDB pour cette « magnifique programmation », elles ont évoqué l’importance du débat en cours sur la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, pour « faire en sorte qu’on ait un peu moins de classement sans suite », avant d’entonner un chant du répertoire des chorales féministes.
L'impartialité du CA « sera la même que celles des tribunaux »
En introduction, le président de l’ADAC CCB a déploré que le théâtre fasse l’objet d’une « polémique sur internet », sans préciser s’il faisait référence au post Facebook, concomitant aux signalements, ou à l’enquête publiée par ram05. Il a ensuite affirmé que « le Conseil d’administration a pris toutes les mesures nécessaires », qu’il « répond aux demandes des tutelles, et ne pourra délibérer que sur des décisions de justice confirmées », que « son impartialité sera la même que celles des tribunaux ».
« On ne couvre personne, on ne cautionne rien, on s’en tient aux décisions de justice », a martelé René Bonnet.
Une enquête interne confiée à une commission VHSS
Les salariés en poste se sont également exprimés à la suite du président, expliquant prendre « le sujet très au sérieux ». Ils ont réaffirmé « les valeurs féministes et humanistes portés quotidiennement par les équipes du théâtre » et précisé qu’une enquête interne serait menée par une commission paritaire VHSS (Violences et Harcèlement Sexistes et Sexuelles). « Malgré la situation, l’activité du théâtre continue et nous sommes déterminés à mener à bien la saison que nous allons nous présenter », ont conclu les salariés.
Pour rappel, comme l’a révélé ram05, la procureure de Gap a ouvert une enquête suite à plusieurs signalements transmis au collectif #MeTooThéâtre. Au moins deux d’entre eux portent sur des violences sexistes et sexuelles dans la sphère privée du directeur. D’autres concernent sa sphère professionnelle.
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