À l'occasion des Journées européennes du patrimoine, le comité des fêtes de Charance proposait une initiation au rigodon, samedi 19 septembre. L'occasion pour le public de (re)découvrir cette danse traditionnelle.
Au Pré de la danse, certains s'essaient au rigodon, guidés par les membres du comité des fêtes. À Charance, le rigodon est une histoire de famille. Yves Brutinel se souvient des histoires de son grand-père. Sur les panneaux de l'exposition dédiée à la danse folklorique, entre les photos, certains visages sont familiers. « Et là, vous le reconnaissez ? » demande-t-il. « Ils n'ont pas changé », sourit l'une des filles d'Yves, devant le cliché datant de 1976.
Après avoir motivé un groupe de visiteurs du Domaine de Charance, la musique est lancée et la danse commence.
Des pas, des rubans et une tradition locale
Alors, à quoi ressemble le rigodon ? Séverine Catier, présidente du comité des fêtes de Charance, explique : « Il faut se mettre en cercle : fille, garçon, on alterne. On fait une farandole, on se suit. À un certain tempo, les garçons se retournent en face des filles, le pas change, puis autre tempo, garçons et filles changent de sens, autre tempo, on se remet tous en cercle et on peut continuer autant qu'on veut... Et à la fin, on est bien fatigué ! »
Parmi les danseurs, certains se distinguent particulièrement. Ils sont deux à porter une canne à laquelle sont accrochés de nombreux rubans de toutes les couleurs. Un héritage de cette danse traditionnelle : « Ces rubans étaient offerts par des filles qui vivaient dans les fermes, puisqu'à l'époque il n'y avait que des fermes, et qui étaient, comme on disait à l'époque, "bonnes à marier". Elles offraient aux porteurs de canne un ruban et lui faisaient la bise. »
La fête de la Saint-Louis, un rendez-vous attendu
D'abord uniquement dansé par les hommes, le rigodon est depuis devenu mixte. Si la danse a connu un certain nombre de changements au fil des ans, à Charance, la tournée du rigodon perdure. Un rendez-vous très attendu lors de la fête de la Saint-Louis, organisée l'avant-dernier week-end du mois d'août.
« On a fait quelques recherches, mais on ne sait pas exactement à quelle époque la tradition a commencé », raconte Yves, avant de poursuivre : « À l'époque de mon grand-père – que j'ai bien connu –, ils passaient aussi de maison en maison danser le rigodon, mais depuis ça a bien grandi. Aujourd'hui, les jeunes font environ 40 maisons le samedi et 60 le dimanche. C'est ce qu'on appelle la "tournée du rigodon". Ils la terminent le dimanche à Charance, au Pré de la danse. »
S'ils le souhaitent, les habitants visités par les jeunes peuvent « donner quelques euros ». Une participation qui donne un coup de pouce au comité des fêtes pour l'organisation des festivités de la Saint-Louis.
« À chaque fois que le rigodon arrive pour la fête de Charance, on est, moi la première, stupéfaits, remplis d'émotion de savoir que ces jeunes perpétuent la tradition, encore en 2026 » confie Séverine.
Cet été, bien que la fête ait dû être annulée par mesure de sécurité en raison des restrictions liées au risque incendie, la tournée du rigodon a été maintenue. Vingt-cinq jeunes y ont pris part.
Depuis 2022, le rigodon est classé à l'inventaire du patrimoine culturel immatériel en France.