Lili-Jeanne et Anaëlle, en terminale au lycée Honoré Romane d'Embrun / Photo : ram05
28 min La Vie Publique —

Mobilisation lycéenne : « Ce n’est pas possible de pouvoir apprendre dans de telles conditions »

Anaëlle et Lili-Jeanne, en terminale au lycée Honoré Romane d’Embrun, font partie des élèves mobilisés pour dénoncer des conditions d’apprentissage dégradées et un système Parcoursup anxiogène. Elles réclament davantage de moyens pour l’éducation et appellent les jeunes à poursuivre la mobilisation.

Le 1er octobre dernier, devant la cité scolaire d’Embrun, des collégiens et lycéens ont organisé un barrage filtrant pour dénoncer leurs conditions d’apprentissage. Malgré des interventions des forces de l’ordre, dont « pas mal de contrôles d’identité, de fouilles de sacs », « il y avait une bonne ambiance » et l’évènement était aussi « un lieu d’échange », racontent Anaëlle et Lili-Jeanne, élèves de terminale au lycée Honoré Romane. Depuis, les deux lycéennes ont continué de se mobiliser en participant à des manifestations dans la région.

Des locaux inadéquats, des classes surchargées

Parmi les préoccupations : la mauvaise isolation des locaux, et notamment le simple vitrage et le chauffage inadapté, des classes surchargées de 36 élèves, un manque de chaises dans certaines salles. Bref, si elles se considèrent chanceuses par rapport à d’autres élèves ailleurs en France, les deux élèves décrivent tout de même des conditions qui nuisent à la concentration.

Elles demandent davantage de financements, notamment à l’échelle nationale, pour rénover les établissements et améliorer les conditions d’enseignement.

Parcoursup, symbole des inquiétudes

Un autre sujet qui concentre les critiques est l’orientation post-bac. Les deux terminales protestent contre Parcoursup, jugé complexe, anxiogène et trop dépendant d’algorithmes. Annaëlle et Lili-Jeanne plaident pour un système « plus humain », qui tienne davantage compte des élèves et de leurs parcours.

Des réponses jugées insuffisantes

Après une réunion entre élèves et proviseur début octobre, les lycéennes disent ne pas avoir eu le sentiment d’être pleinement entendues. Elles estiment également que les annonces gouvernementales ont tardé et qu’« il ne faut pas se satisfaire de réponses floues » comme celles émises le 26 octobre.

Les deux terminales appellent à poursuivre la mobilisation et à mieux s’organiser. Auprès des jeunes hésitants, elles ajoutent que se mobiliser, c’est aussi défendre les conditions d’apprentissage de tous.