Mobilisation de collégiens et lycéens devant la cité scolaire d'embrun le 1er octobre 2026 / Photo : ram05
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À Embrun, une mobilisation d’élèves devant la cité scolaire « pour l'accès égal à l'éducation pour tous »

Ce jeudi, collégiens et lycéens d’Embrun se sont mobilisés pour demander plus de moyens pour leur éducation, rejoignant le mouvement national. Les élèves protestent contre les classes surchargées et les locaux mal entretenus, et apportent leur soutien aux établissements en situation plus précaire.

Comme dans de très nombreuses autres villes de France depuis plusieurs jours, collégiens et lycéens embrunais réclament de meilleures conditions de scolarité. Une mobilisation a eu lieu hier à la cité scolaire. En début d’après-midi, une centaine d’élèves étaient calmement installés devant l’entrée, sous l’œil attentif de quelques membres des forces de l’ordre et le regard soucieux du proviseur.

Des grilles ont été érigées en travers du passage, sans toutefois bloquer l’accès à l’établissement. Sur celles-ci, des messages tels que « Arrêtez de nous faire chier avec le voile, Parcoursup, nos bigos [téléphones], nos fautes d’orthographe. Donnez-nous des profs, du temps libre, du chauffage et un avenir ! », « Vous vous préoccupez plus du port du voile que de la santé mentale des élèves », ou encore « Pas de besoin de mec ou de meuf, l’Éducation nationale nous baise déjà ! ».

Moyens, horaires, self et manque de respect

Les élèves du collège Les Écrins et du lycée Honoré Romane témoignent notamment d’un « manque de personnels » : « on a quasiment trente élèves dans nos classes » déclare l’un d’eux, « j'ai une amie, ils sont quarante dans sa classe, des fois ils ne rentrent même pas dans les salles » renchérit une autre, « c'est juste impossible de travailler dans ces conditions ». Autre difficulté, selon une lycéenne, « il y a deux infirmières qui vont dans des lycées différents, dont le nôtre, donc elles ne sont jamais là ».

Le « manque de matériel » est aussi pointé du doigt : « il y a des chaises cassées, il n'y a pas de portes dans les vestiaires », « les toilettes ne sont jamais nettoyées, les portes elles ferment pas ».

Les horaires, «vraiment compliqués », et la restauration scolaire, « juste dégueulasse », sont également dans le viseur. « On fait des 8 h - 18 h, parfois avec une seule heure de pause dans la journée. Ceux qui doivent rentrer chez eux et qui ont encore des devoirs après, ils n’ont juste plus de temps pour eux et pour faire ce qu'ils veulent », tandis que les internes ont « des heures d'études encore le soir jusqu'à 21 h. »

Mobilisation de collégiens et lycéens devant la cité scolaire d'embrun le 1er octobre 2026 / Photo : ram05

Quant au self, « c’est pas bon ». « Quand on est là toute la semaine, qu'on mange le matin, le midi et le soir et que vraiment y a des fois où c'est pas mangeable, on fait quoi ? On mange pas ? », interroge une élève interne. « Les steaks, c'est cramoisi. Les pâtes, ils les réussissent une fois sur deux, alors que franchement c’est des pâtes. » « À chaque fois, il y a pas assez de places. Donc il y en a, ils restent debout avec leur plateau », ajoute une autre jeune fille mécontente.

De plus, « le personnel de l’établissement nous manque énormément de respect », estiment ces jeunes. « On est juste pas écoutés, pas entendus, ils nous parlent vraiment mal, ils nous rajoutent de plus en plus de règles chaque jour ». Un exemple : « on n’a plus le droit s'asseoir par terre » pendant les pauses quand le foyer est trop loin, « donc en fait on fait quoi ? ».

« On ne veut pas la violence, on veut juste se faire entendre »

Les protestataires regrettent les faits de « violence » constatés aux abords d’autres établissements, qui « décrédibilisent » leur mouvement. « On ne veut pas la violence, on veut juste se faire entendre », soulignent-ils. Mais « sur les médias, on voit que ça, les choses cassées. Au final, le message qu'on veut faire passer, on le voit même pas. » « La police, elle joue aussi un rôle là-dedans », estime une élève, « parce qu'il y a aussi des enfants qui se sont pris des trucs dans les yeux, ils se sont vraiment fait tabasser et tout. Ça c'est aussi abusé ».

L'info en plus

L’antenne haut-alpine du parti communiste apporte son soutien aux élèves mobilisés dans le département et ailleurs dans le pays. « Face à cette mobilisation, le gouvernement choisit une nouvelle fois la répression plutôt que de répondre aux revendications », dénonce-t-elle. « La jeunesse doit être entendue, pas réprimée. »

Le PCF 05 appelle à investir « massivement » dans l’éducation, pour « relever les grands défis qui sont devant nous : le changement climatique, la révolution informationnelle, la réindustrialisation, la santé, l’énergie et la paix. »

À Embrun, les gendarmes présents « ne font rien », constate une élève, « et puis nous, à part des gens qui mettent de la musique et qui dansent, il se passe rien. » « On est assez étonné de voir que ici où c'est aussi calme, ils prennent autant ça au sérieux, certains flics, qu'ils sont autant, trop investis », observe tout de même un garçon.

En effet, si l’après-midi était calme, le début de journée a été un peu plus agité. Alors que les jeunes manifestants étaient installés pour un sit-in, « ils ont commencé à nous lever, il y en a qui nous faisaient des coups de pieds, un petit peu violents », racontent plusieurs jeunes. « Il y en a qui sont gentils, il y a quelques-uns qui nous écoutent, il faut pas faire une généralité, mais ils sont un petit peu violents, un petit peu bourrins ».

Un « soutien » aux élèves plus mal lotis

S’ils se sont mobilisés, collégiens et lycéens d’Embrun disent le faire aussi « en soutien » aux élèves plus mal lotis qu’eux. « Y a des lycées comme Saint-Denis où c'est vraiment inégalitaire, à un point où nous, on est vachement privilégiés. C'est un peu honteux de voir que dans certains lycées de France, c'est un peu n'importe quoi. »

Bref, cette mobilisation, « c'est aussi pour l'accès égal à l'éducation pour tous », abonde l’un des élèves embrunais. « Nous, on peut se permettre de bien étudier, mais on sait que c'est pas le cas pour tout le monde ».