Epervier d'Europe / Photo : caroline legg, CC BY 4.0, via Wikimedia Commons

Et BAM : le Parc national des Écrins donne accès en quelques clics aux données de biodiversité autour de soi

Pour mieux faire connaître la biodiversité, le Parc national des Écrins a participé à la création d’un nouvel outil reconnu à l’international : BAM. Celui-ci permet de lister facilement toutes les espèces observées autour de chez soi, sur un sentier de randonnée… ou n’importe où sur la planète.

Épervier d’Europe, molène à fleurs denses, moro-sphinx : voilà quelques espèces de faune et de flore que l’on peut trouver autour du studio de ram05 à Embrun. Ces informations, on les trouve désormais en quelques clics grâce à un nouvel outil développé par les Parcs nationaux des Écrins et des Cévennes. Son petit nom : BAM, pour biodiversité autour de moi.

Le principe est simple : rendre aisément accessibles au grand public toutes les données de biodiversité recensées par les programmes scientifiques, les naturalistes, les passionnés. Pour l’utilisateur, il suffit de se rendre sur le site internet bam.geonature.fr et de choisir une localisation, « dans n'importe quel endroit du monde ».

« L'outil va aller interroger ces grandes bases de données automatiquement et nous renvoyer une liste d'espèces, avec des photos, des sons éventuellement, notamment pour les oiseaux », décrit Camille Monchicourt, responsable du système d’information au Parc des Écrins. S’afficheront alors « les dix, vingt, trente, parfois cent espèces qui ont été vues dans les 500 mètres autour ».

« De très bons retours d'écoles ou d'hébergements »

« On ne soupçonne pas qu’il y ait tant d’informations dans des bases de données », s’émerveille encore le salarié du Parc. BAM permet aujourd’hui de démocratiser leur usage, auparavant réservé aux experts. Jusqu’alors, les données étaient surtout accessibles « dans des outils techniques », via « des atlas numériques ou papiers », « qui sont souvent quand même réservés à des communautés un peu spécialisées ». Désormais, « on a déjà de très bons retours d'écoles ou d'hébergements qui peuvent très facilement montrer ce qu'il y a autour de chez eux », se félicite Camille Monchicourt.

De quoi remplir l’une des missions des Parcs nationaux : la « sensibilisation ». « Il est important que tout le monde puisse mieux appréhender la richesse de ce qu'il y a autour de soi pour la regarder autrement. »

Un outil open source

Point important lors de la conception : les Parcs nationaux ont tenu à ce que leur outil soit disponible sous licence libre, en open source. « Nous sommes des administrations, financées avec de l'argent public », rappelle le responsable. « On essaie de faire en sorte que l'ensemble des outils que l'on développe pour nous, à notre échelle, puissent être réutilisés ailleurs. L'open source ou les logiciels libres sont un super moyen de les partager sans que chacun n’ait à les refaire ou à les repayer mais puisse en bénéficier et éventuellement les enrichir, comme un bien commun, un commun numérique. »

BAM a reçu en octobre 2025 un prix international lors d’un défi récompensant les meilleures applications utilisant les données ouvertes sur la biodiversité.