Chorges : remise à neuf de la cuisine centrale et de la base nautique, un lieu où l’« on apprend à vivre ensemble »
Âgé de plus d’un-demi siècle, le bâtiment hébergeant la cuisine centrale de Chorges et la BNPA au bord du lac de Serre-Ponçon a bénéficié d’une rénovation d’ampleur achevée cette année. La base nautique peut continuer d’accueillir des séjours de groupes d’enfants, dans de meilleurs conditions.
Après six années d’études et de travaux, avait lieu ce 16 octobre, au bord de la baie Saint-Michel à Chorges, l’inauguration officielle du tout nouveau bâtiment abritant la BNPA, base de nautisme et de plein air, et la cuisine centrale de la commune. Sa mise en service date de mars dernier.
Les près de 2,3 millions d’euros déboursés, pris en charge pour moitié par l’État, la Région et le Département, ont permis rafraîchissement esthétique, isolation thermique, passage du fioul au granules pour le chauffage, et mise aux normes, notamment pour l’accessibilité des personnes en situation de handicap. Bref, « nous avons pris un virage important », a résumé le maire, Jérôme Arnaud.

« L'objectif de ce chantier était, d'une part, de répondre à un besoin de rénovation de ce bâtiment qui avait un peu plus de cinquante ans, pour pouvoir accueillir toujours les groupes d'enfants et d'adolescents, et, en même temps, de répondre à une obligation réglementaire pour la fabrication des repas », présente l’élu.
Cuisine « maison », « de saison », « en local »
Écoles de Chorges et de communes environnantes, crèches, portage à domicile : la cuisine centrale de Chorges prépare environ 350 repas par jour en période scolaire, et fournit les centres aérés et colonies de vacances des environs le reste de l’année. Sa capacité a été augmentée à 530 repas par jour.

Suite aux travaux, « le matériel et les locaux ont été modernisés, agrandis », et « le confort de travail » a été amélioré, décrit Lou Thévand, à la tête d’une équipe de six personnes. « On a une sauteuse qui est assez moderne ; la plonge se fait par évaporation, un peu comme un sèche-linge, elle est assez grande ; on a la pièce réfrigérée pour les préparations froides, avant on était dans des pièces classiques, donc pas du tout aux normes d'hygiène, là maintenant on est totalement dans les clous ; plus le sas d'expédition qui permet d'avoir une marche en avant ultra fonctionnelle », liste le responsable.
Dans les assiettes, la cuisine centrale s’attache à fournir « une restauration de qualité ». « On travaille au maximum en local, avec Échanges Paysans, la Société Alpine de Boucherie, les fermes qui sont juste au-dessus de Chorges. Après on a quelques grossistes aussi pour ce qu'on ne peut pas avoir en saison. L'idée est de faire de la cuisine assez maison avec des produits de saison. » Exemple de menu : « les oreilles d'âne classiques, pour la semaine du goût, le sauté de porc de montagne au miel de pissenlit, et la compote avec les pommes de Laragne. »
Objectif : doubler le nombre de nuitées à la BNPA
Mais c’est la base nautique qui occupe la majeure partie du bâtiment, avec notamment vingt chambres, trois grandes salles de classe ou d’activité et une salle de restauration. Elle accueille régulièrement des séjours scolaires, des colonies de vacances, des stages, pour des formations à la voile sur le lac de Serre-Ponçon. Elle peut aussi être louée à des particuliers pour des rassemblements familiaux.
Pour Delphine Sandrin, sa directrice, la remise à neuf a apporté une vraie amélioration du quotidien. « C'est du confort, c'est agréable d'avoir un bâtiment qui est rénové, propre, fonctionnel. On a été associés à la conception des travaux », se réjouit la salariée. « Ça peut paraître bête, mais on a mis une petite douche extérieure : les enfants se rincent les pieds avant de rentrer dans le bâtiment. Ce sont des petites choses qui font que, aujourd'hui, c'est un petit peu plus simple de fonctionner. »

Avec ses 85 lits, la base nautique totalise actuellement 56 000 nuitées par an. L’objectif est de doubler ce chiffre dans les deux prochaines années, en profitant de l’amélioration de l’isolation et du chauffage pour étendre sa période d’ouverture et en travaillant à optimiser son remplissage. Avec en ligne de mire le « juste équilibre à trouver » pour les finances de cet établissement public, entre le remboursement du prêt contracté par la commune pour le chantier, le besoin de le pérenniser et la garantie de son accessibilité, par exemple pour des classes vertes dont les moyens sont souvent modestes.
Des séjours au bord du lac pour « s'épanouir »
Car sa vocation est bien d’offrir aux enfants « un lieu privilégié d’apprentissage et de découverte ». « Pour eux, une semaine ici, c'est comme s’il s'était passé une année, parce que c'est H24. Donc quand ils repartent, forcément ils sont tout chamboulés », sourit Delphine Sandrin. « On travaille sur les émotions, mais généralement, ils repartent avec le sourire parce que le cadre est bien et puis il y a eu cet effet groupe qui est important. »

Pour la directrice, les séjours à la BNPA sont une moyen « de s'épanouir, de grandir tout simplement. » « Permettre à des jeunes de découvrir ces activités là, souvent loin de papa et maman, c'est très structurant et éducatif. On a un vrai rôle. »
Une mission qui résonne avec l’actualité. « Aujourd'hui, quand on voit que la jeunesse est un petit peu en crise, moi je me dis qu'on apporte notre pierre à l'édifice pour le vivre ensemble. C'est vraiment quelque chose qui est important. À la BNPA, on apprend à vivre ensemble. »