Un million d’euros de travaux d’urgence sur les routes des Hautes-Alpes cet été : le dérèglement climatique impose de réviser les budgets
Canicule, sécheresse, incendie, orages, coulées de boue : l’été 2026 a mis à rude épreuve le réseau routier départemental des Hautes-Alpes. L’enveloppe allouée aux interventions d’urgence a explosé, imposant des arbitrages budgétaires sur les travaux programmés à l’automne.
Marcel Cannat, le vice-président des Hautes-Alpes en charge des routes, n’avait jamais vu ça : depuis deux mois, les calamités s’enchaînent et endommagent le réseau routier haut-alpin surtout en zone de montagne. Les travaux doivent être réalisés en urgence pour rendre les routes à la circulation le plus rapidement possible.
La liste des travaux d’urgence est longue, accablante et onéreuse
Marcel Cannat égrène cette succession d’événements destructeurs : « Il y a eu de gros éboulements sur la RD 1091 juste avant le passage du Tour de France, on en a eu pour 400-450 000 euros. La route de Ceillac, la RD 60, a été coupée plusieurs fois suite à des éboulements et des coulées de boue. Nous en avons eu aussi au col Agnel à deux reprises, chose qu’on ne voyait jamais jusqu’à présent. Nous en avons eu aussi à deux reprises sur la route d’accès au Pré de Madame Carle dans les Écrins avec des centaines de mètres cubes de matériaux qui ont été transportés et qu’il a fallu enlever ». S’y ajoutent des éboulements et coulées de boues dans la vallée de la Guisane et la vallée de la Clarée.
Des travaux de sécurisation sur la route du Pallon et dans la combe du Queyras
Et comme si ça ne suffisait pas, le Département a dû intervenir pour protéger la RD 38, dite route de Pallon, menacée par les chutes de blocs après l’incendie du Bois Noir entre L’Argentière-La Bessée et Freissinières. Montant de la facture : 120 000 euros, pour des travaux de sécurisation provisoire.
Le dernier épisode en date est intervenu vendredi 21 août : une chute de blocs dans la combe du Queyras. Cette chute est intervenue « sur la RD 902, entre la Maison du Roy et le tunnel de Rovenosse, indique Marcel Cannat. Un bloc s’est détaché de la falaise et a percuté deux voitures, faisant deux blessés graves ». La route, fermée durant le week-end, est de nouveau ouverte à la circulation depuis lundi 24 août en début d’après-midi, grâce à une sécurisation par un mur en légo béton. Coût de l’opération : entre 50 et 100 000 euros.

Des arbitrages budgétaires nécessaires pour absorber le coût des travaux
Au total, le montant de ces diverses interventions d’urgence durant l’été 2026 s’élève à plus de un million d’euros, alors que l’enveloppe budgétaire prévue pour les TIU, travaux imprévus et urgents, est de 200 000 euros par an.
Le Conseil Départemental devra donc faire des arbitrages budgétaires en matière de travaux routiers pour absorber les coûts générés par la série noire de l’été. « Où va-t-on prendre l’argent pour payer les entreprises qui sont intervenues, questionne Marcel Cannat, quels chantiers devront nous arrêter, quels chantiers n’ont pas démarré, quels chantiers ne sont pas urgents ».
Les travaux engagés sur les routes départementales dans le cadre des JO 2030 ne seront pas concernés par ces arbitrages, car ils bénéficient de crédits dédiés.