Un train TER en gare d'Embrun / Photo ram05
28 min Le Mag' —

Transports collectifs multipliés, billetterie simplifiée et maillage cyclable amélioré : comment se passer de la voiture

Pour réduire la dépendance à la voiture, une étude propose un système de mobilité fondé sur le renforcement des transports collectifs et le développement du vélo. Dans les Hautes-Alpes, l’arrêt des trains en 2028 et 2029 pourrait être l’occasion d’expérimenter la densification du réseau de cars.

Comment se déplacer au quotidien en se passant de voitures individuelles ? C’est la question au cœur d’une étude publiée l’an dernier par le think tank français Forum Vies Mobiles. En se basant sur plusieurs départements, dont les Hautes-Alpes, ses auteurs imaginent un « système alternatif de mobilité ».

L’enjeu est social autant qu’environnemental : en France, « environ une personne sur trois ne peut pas structurellement conduire », relève Jules Richard, consultant pour le bureau d’études BL évolution, qui a participé à l’étude. Parmi les personnes qui disposent d’une voiture, 44 % y renoncent régulièrement, notamment en raison des conditions météorologiques ou de la difficulté des routes.

Trois piliers

Le dispositif prévoit d’abord un renforcement de la circulation des trains et la création de cars express circulant à haute fréquence sur les voies principales, tous deux « au minimum à la demi-heure en journée et à l’heure la nuit », et des cars de rabattement depuis les axes secondaires.

Ensuite, il s’agit de créer des pistes cyclables séparées sur les voies très passantes et des routes partagées entre vélos et voitures lorsque la vitesse est réduite. Enfin, l’étude recommande la création d’une billetterie lisible et simplifiée pour les transports en commun.

Jules Richard précise toutefois que ce modèle est un horizon théorique, décrit comme « cinq fois moins coûteux que le système voiture actuel », et reste à construire sur le terrain : « c’est plus un travail sur l’imaginaire qu’un travail vraiment pratique. »

La fermeture de la ligne comme terrain d’expérimentation ?

Pour autant, l’arrêt du trafic ferroviaire dans les Hautes-Alpes annoncé de mi-2028 à fin 2029, pour les travaux de modernisation, pourrait être l’opportunité d’un test grandeur nature, estime le consultant. Au-delà des cars de substitution habituels, l’idée serait d’augmenter les fréquences et d’élargir les horaires pour attirer de nouveaux adeptes.

« Ça pourrait être une occasion intéressante de voir si ça prend auprès des usagers », déclare Jules Richard, qui souhaite mesurer les changements de pratiques. La réussite dépendra selon lui notamment de la qualité du service, de sa promotion et de la coordination entre collectivités et région. C’est pourquoi le consultant plaide pour la création d’un syndicat mixte des mobilités à l’échelle des Hautes-Alpes.