« Echoes of Céüse », l'histoire d'une falaise devenue mythique pour le monde de l'escalade
La falaise de Céüse est connue des grimpeurs du monde entier. Dans son documentaire « Echoes of Céüse », le réalisateur Benoît Regord retrace plusieurs décennies d'escalade, à travers les témoignages de celles et ceux qui ont contribué à faire de ce site une référence internationale. Après son avant-première ce 5 novembre, le film sera projeté le 25 novembre à la Cinémathèque de Montagne de Gap.
Trois ans et demi de tournage pour raconter l'histoire d'un lieu devenu incontournable dans le monde de l'escalade. Avec « Echoes of Céüse », Benoît Regord propose une plongée dans le développement de la falaise, des premières voies ouvertes dans les années 1980 à son rayonnement international actuel.
Une histoire que le réalisateur haut-alpin a lui-même découverte au fil de ses recherches. « J'ai essayé d'en faire une fresque qui présente mon regard dessus. Ce n'est pas quelque chose d'exhaustif, cette histoire est tellement vaste », explique-t-il.
Des pionniers à une renommée internationale
Dans les années 1970, Céüse est encore un « terrain vierge ». Les premiers grimpeurs s'y aventurent sans véritable sentier d'accès. Au début des années 1980, l'arrivée de nouveaux matériels et l'ouverture du sentier de l'ONF facilitent progressivement la pratique. La falaise commence alors à attirer des grimpeurs venus de toute la France.
Mais c'est en 2001 qu'un événement va véritablement accélérer sa notoriété. L'Américain Chris Sharma, déjà une référence du monde de l'escalade, réussit la voie « Biographie », alors considérée comme la plus difficile au monde. Il lui aura fallu quatre années pour en venir à bout.
Pour son film, Benoît Regord a pu recueillir son témoignage. Une rencontre marquante pour le réalisateur : « Ça été un moment vraiment extraordinaire, parce que je rencontrais mon idole. Je l'ai découvert au travers des médias lorsque j'ai commencé à grimper dans les années 2000. Et quand je l'ai rencontré, j'ai trouvé quelqu'un d'hyper humble, hyper posé. Il est très spirituel, il voit l'escalade au-delà du sport. » Dans le documentaire, Chris Sharma se confie notamment sur les difficultés rencontrées avant de réussir cette voie devenue un passage incontournable pour les grimpeurs de haut-niveau.
La grimpeuse Brooke Raboutou, première femme à réaliser une voie cotée 9B+ (niveau de difficulté parmi les plus élevés en escalade), témoigne également de son rapport à « Biographie ». Une voie qu'elle travaille encore plusieurs années après l'avoir découverte, illustrant toute la difficulté de ce défi, autant physique que mental.
Un film au plus près des grimpeurs
Les plans larges réalisés au drone dévoilent toute la majesté de la falaise et des paysages qui l'entourent. Mais le réalisateur a aussi travaillé avec un dispositif artisanal pour être au plus près des grimpeurs, avec un système de travelling vertical permettant de suivre leur progression le long de la roche. Une manière de plonger le spectateur dans leur ascension, au rythme de leurs mouvements, à l'écoute de leur souffle. L'objectif : donner à voir et à ressentir ce que signifie grimper à Céüse.
Au-delà des performances sportives, le film donne la parole aux premiers équipeurs, aux grimpeurs de haut niveau, mais aussi à des pratiquants amateurs et étrangers. Pour Benoît Regord, ces rencontres ont progressivement donné une autre dimension à son projet.
« C'est devenu, une sorte d'hommage, quelque part... C'est ce que j'aime dans les documentaires : on choisit un sujet pour faire des rencontres au final. C'est ce que je retiens de ce film, ces rencontres », confie-t-il.
Préserver un patrimoine tourné vers l'avenir
Aujourd'hui, Céüse compte plus de 800 voies équipées. En période estivale, la falaise peut accueillir entre 300 et 400 personnes par jour, venues du monde entier. Une fréquentation qui pose aussi la question de la préservation du site.
« Chacun doit faire attention, être respectueux de son environnement et des autres », rappelle le réalisateur. Le rééquipement des voies et la prise en compte de la faune et de la flore sont autant d'enjeux pour pérenniser ce patrimoine naturel et sportif.
Après une avant-première réservée aux « acteurs » du documentaire et aux partenaires, « Echoes of Céüse » sera présenté pour la première fois au public, mercredi 25 novembre à 20 h 30, à la Cinémathèque de montagne de Gap. Une projection qui permettra de découvrir l'histoire d'une falaise qui, au-delà de ses performances sportives, raconte aussi celle de passionnés et d'un territoire.