Des terres locales pour un mur expérimental : la résidence de Lucille Jallot au Centre d’art contemporain d’Embrun
L’artiste Lucille Jallot, en résidence de recherche au Centre d’art contemporain Les Capucins à Embrun, expérimente la construction d’un mur en pisé à partir de terres locales pour exposer ses objets gainés en cuir. Deux journées de chantier participatif invitent le public à prendre part au projet.
Au Centre d’art contemporain Les Capucins, à Embrun, l’artiste Lucile Jallot mène depuis mi-septembre une résidence de recherche et d’expérimentation de deux mois. L’objectif : développer une création en lien avec le territoire, avec un rendu plus léger qu’une exposition classique.
L’intelligence du geste et des matériaux
Ancienne ouvrière du cuir pendant sept ans, Lucille Jallot a ensuite étudié aux Beaux-Arts de Caen. Son parcours nourrit aujourd’hui une pratique attentive au savoir-faire artisanal et aux matériaux de récupération : « je travaille avec des chutes, avec ce qui reste », explique-t-elle. L’artiste revendique « une forme d’intelligence ouvrière » et le fait qu’« en art, on peut aussi réfléchir avec ses mains. »
Son travail s’inscrit également dans une réflexion sur la production et le réemploi. Elle recouvre notamment des objets usuels, comme un extincteur, avec des chutes de cuir, modifiant ainsi leur apparence et leur rapport au toucher.
Une création ancrée dans le territoire
Durant son séjour, l’artiste a rencontré autour d’Embrun « des femmes fabuleuses » : des bergères, une professionnelle du bâtiment et des membres d’un abattoir collectif, pour nourrir ses recherches.
Celles-ci devraient se conclure par la réalisation d’un mur en pisé expérimental, pouvant atteindre trois mètres de haut, fabriqué à partir de terres prélevées notamment dans une forêt incendiée à L’Argentière-la-Bessée et au fond du lac, vidé, de Serre-Ponçon, et simplement tassées. Une manière d’explorer les possibilités offertes par la terre crue, sans cuisson ni transformation lourde.
Le public invité à participer
Des chantiers participatifs sont proposés les 3 et 4 novembre, de 10 heures à 16 heures, au Centre d’art, pour aider l’équipe à ériger ce mur. La restitution publique aura lieu le 6 novembre à 15 heures. Le public pourra découvrir les matériaux, les techniques et les étapes de cette recherche en cours.