« Ça paraissait impossible, mais on ne le savait pas » : à L’Argentière-la-Bessée, cette mine oubliée devenue site touristique
L’archéologue minier Bruno Ancel vient de prendre sa retraite après 35 années au service de la mine d’argent de L’Argentière-la-Bessée, à l’abandon à son arrivée. De l’exploration souterraine aux recherches historiques, il raconte comment ce patrimoine a pu être redécouvert et ouvert au public.
Après 35 ans consacrés à la mine d’argent de L’Argentière-la-Bessée, l’archéologue minier Bruno Ancel, jeune retraité, revient sur son parcours. Originaire d’Alsace, il découvre les anciennes mines au cours de ses études de géologie : « c’était l’aventure, c’était super excitant. » D’abord attiré par l’exploration souterraine, il s’intéresse progressivement à leur histoire. « J’ai chopé comme une sorte de virus », raconte-t-il.
Un site transformé par le travail collectif
Arrivé dans les Hautes-Alpes en 1991, il participe à la mise en valeur de la mine du Fournel (dont l’exploitation s’est terminée au début du siècle), dans un contexte de reconversion économique après la fermeture de l’usine Péchiney.
La tâche est considérable : « au départ, ça paraissait presque impossible, mais on ne le savait pas », se rappelle l’archéologue. Finalement, en 35 ans, un millier de bénévoles ont déplacé près de 15 000 tonnes de matériaux, pour environ un kilomètre de galeries déblayées, dont 600 mètres accessibles à la visite actuellement. La fréquentation atteint aujourd’hui quelque 12 000 visiteurs par an.
Des recherches qui se poursuivent
Au-delà de la valorisation touristique, Bruno Ancel a étudié d’autres mines en France et à l’étranger, ainsi que les archives permettant de retrouver les parcours des anciens mineurs. Désormais retraité, il entend poursuivre ses recherches et accompagner l’équipe en place.
« Tout seul, je n’aurais rien pu faire », souligne-t-il, rappelant la dimension collective de cette aventure patrimoniale.